DETAIL DE L'ARTICLE

Février 1958

Tableau 2

Dégâts des grandes crues de 1958. Dégâts aux cours d’eau domaniaux (III Navigable et des dépendances)
Nature des travaux Dépense
Réfection de protection de la rive gauche de l’Ill en face de la Lutter à Benfeld 1.000.000
Réfection de protection de la rive droite de l’Ill entre le pont à Sand et la Sonderau 1.700.000
Réfection de protection de la rive droite de l’Ill en amont du barrage N°49 de Matzenheim 700.000
Réfection de protection de la rive droite de l’Ill en face du Château de Woerth à Matzenheim 700.000
Réfection de protection des rives droite et gauche de l’Ill à 300 m. en amont du barrage N°53 à Erstein 700.000
Réfection de l’avant-banquette du canal de décharge à Krafft entre le barrage à aiguilles et le pont-route RN 68 1.900.000
Réfection de la rive gauche du canal de décharge en aval du barrage de prise de l’Altrhein 2.400.000
Enlèvement des arbres tombés dans le cours d’eau du Pfefferwasser 100.000
Réfection des rives en amont et en aval du nouveau barrage de Pfefferwasser – remblaiement en gravier 600.000
Réfection du radier aval du barrage de Pfefferwasser miné par les eaux 600.000
Réfection de rive arrachée sur 60 m. de longueur, à 1100 m. à l’aval du pont de l’Ill à Ehnwihr 1.200.000
Idem – mais à 150 m. à l’aval du barrage d’Ebersheim (barrage N°32) 800.000
Total 12.400.000

Tableau 4

I – Cours d’eau navigables et flottables (Navigation)
Ill, Bruche, Zorn, Marne au Rhin 1.700.000
Canal des Houillères de la Sarre 4.000.000
Rhin (lignes téléphoniques 3.500.000
Total 9.200.000
II – Cours d’eau non navigables ni flottables (Génie Rural)
Subdivision de Haguenau 6.500.000
Subdivision de Sarre-Union 300.000
Subdivision de Saverne 4.140.000
Subdivision de Wissembourg Néant
Subdivision de Molsheim 8.210.000
Subdivision de Erstein Néant
Subdivision de Sélestat-Campagne 6.000.000
Subdivision de Sélestat Ill 2.200.000
Subdivision de Strasbourg-Campagne Néant
III – Voirie (M. Cachera)
Routes nationales (principalement dans la vallée de l’Eichel) 6.500.000
Chemins départementaux 27.000.000
Ponts provisoires 4.000.000
IV – Voirie agricole (Génie Rural)
Subdivision de Sarre-Union
Haguenau
Saverne
Sélestat-Campagne Ensemble : 18.180.000
V – Particuliers
A)      Dégâts aux habitations 2.377.000
B)      Dégâts industriels
1° – dégâts aux installations 15.107.000
2° – perte de production 7.125.000
3° – chômage partiel 189.000
Total dégâts industriels 22.421.000
VI – Services Publics
P.T.T. inchiffrable (lignes et toitures)
Électricité de Strasbourg 20 à 30.000.000
Électricité de Sélestat 15 à 20.000.000
S.N.C.F.
Aéroport néant

Tableau 5

Communes Maisons Caves Dégâts
Herrlisheim 58 180 500.000
Stattmatten 3 190.000
Schwindratzheim 14 190.000
Weyersheim 1 275.000
Geudertheim 12 40 410.000
Gambsheim 30 150.000
Wilwisheim 562.000
Drusenheim 35 ha d’emblavure de blé sans eau pendant 10 à 12 jours. Inchiffrable actuellement

Tableau 6

Arrondissement Industries sinistrées Dégâts Perte production Chômage partiel
Saverne Moulins de Wolfskirchen 4.000.000
Fonderie Vogésia 500.000 2.000.000
Ets. KUHN Frères & Cie 2.250.000 3.500.000
Fabrique de Chaussures Vogel 316.000
Fabrique de Chaussures Helios 420.000 1.250.000 102.000
Ets. Ziegler & Cie à Dettwiller 53.000 375.000 87.000
Entreprise de dragage de Wolfskirchen 558.000
Strasbourg-Campagne Bonneterie de Schwindratzheim 10.000
Brumath Moulin Goepp 7.000.000
Wissembourg Moulin de Leiterswiller
Moulin de Stundwiller
Note : pour les moulins il s’agit notamment des dégâts causés aux stocks de blé et il n’est pas possible de dire actuellement si les céréales qui ont séjourné dans l’eau pourront être utilisées ultérieurement en vue de leur transformation.

Tableau 7

Routes inondées par les inondations de février 1958
Erstein CD 221 en amont de Fegersheim – sortie sud de Geispolsheim
CD 131 entre Osthouse et Gerstheim
Haguenau CD 29 Bischwiller
CD 429 Drusenheim
CD 737 entre Drusenheim et Sessenheim
CD 72 Entre Ueberach et La Walck
Pont entre La Walk et Pfaffenhoffen
CD 85 Schweighouse – nouvelle route et ancienne route
CD 872 Reichshoffen
RN 63 entre Brumath et Stephansfeld
Saverne CD 8 à Sarrewerden
RN 149 Herbitzheim et entre Oermingen et Voellerdingen
RN 61 entre Keskatel et Sarralbe
CD 338 entrée de Herbitzheim
CD 38 Salzbronn (trafic ferroviaire interrompu entre Sarreguemines et Benestroff)
RN 419 Diemeringen
CD 6 Hattmatt
CD 116 Hattmatt
CD 133 Dossenheim / Zinsel
RN 421 Saverne
Dettwiller
Wissembourg CD 34 Altenstadt (sous voie ferrée)
Molsheim CD 191 Muhlbach
CD 118 Moulin d’Oberhaslach
CD 804 entre Wisches et Schwartzbach
CD 321 entre Ebersheim et Muttersholtz
CD 203 à Kogenheim et Witternheim
CD 210 entre Ebersmunster et Hilsenheim
Strasbourg – Campagne CD 70 Schwindratzheim
CD 58 Krautwiller
CD 67 entre Wilwisheim et Ingenheim
CD 151 entre Wilwilsheim et Lupstein
CD 25 entre Schaffhouse et Gingsheim
CD 824 Wasselone
CD 220 Wasselone
CD 225 Wasselone
CD 223 Wasselone

Tableau 8

Crues Neige Total
I – Cours d’eau navigables et flottables (navigation)
Ill, Buche, Zorn, Marne au Rhin 1.700.000
Canal des Houillères de la Sarre 4.000.000 5.700.000
Rhin (lignes téléphoniques) 3.500.000 3.500.000
II – Cours d’eau non navigable ni flottables (Génie Rural) 58.000.000 58.000.000
III – Cours d’eau domaniaux (p.m.) 12.400.000 12.400.000
IV – Voirie (M. Cachera)
Routes nationales (principalement dans la vallée de l’Eichel) 6.500.000
Chemins départementaux 15.000.000
Ponts provisoires 4.000.000 25.500.000
V – Voirie agricole (Génie Rural) 38.070.000 38.07.000
VI – Particuliers
a)       Dégâts aux habitations 2.377.000 Dégâts peu importants 2.377.000
b)      Dégâts industriels :
1° dégâts aux installations 15.107.000 idem
2° perte de production 7.125.000 22.232.000
VIII – Services publics
P.T.T. 80.000.000

30 à 40.000.000 (perte de recettes)

120.000.000
Electricité de Strasbourg 20 à 30.000.000 30.000.000
Electricité de Sélestat 15 à 20.000.000 20.000.000
S.N.C.F. 5.100.000 24.500.000 29.600.000
169.379.000 198.000.000 367.379.000
Cours d'eau:Bruche, Giessen, Ill, Moder, Non classé, Sarre, Zinsel, Zorn
Date:
Localités touchées:Saverne, Dettwiller, Dossenheim-sur-Zinsel, Monswiller, Weyersheim, Bischwiller, Herrlisheim, Schweighouse-sur-Moder, Dinsheim-sur-Bruche, Molsheim, Sélestat, Kogenheim, Ebersheim, Ebermunster, Châtenois, Scherwiller, Triembach-au-Val, La Vancelle, Orschwiller, Oermingen, Voellerdingen, Tieffenbach, Meistratzheim, Osthouse, Hindisheim, Benfeld, Sand, Matzenheim, Erstein, Muttersholtz, Adamswiller, Asswiller, Berg, Bischtroff-sur-Sarre, Burbach, Butten, Dehlingen, Diedendorf, Diemeringen, Domfessel, Hinsingen, Keskastel, Lorentzen, Mackwiller, Ratzwiller, Sarre-Union, Siewiller, Thal-Drulingen, Tieffenbach, Weyer, Wolfskirchen, Zollingen, Altwiller, Herbitzheim, Rimsdorf, Sarrewerden, Otterswiller, Laubach, Morsbronn-les-Bains, Biblisheim, Eckwersheim, Drusenheim, Mietesheim, Mattstall, Vendenheim, Oberdorf-Spachbach, Dundershoffen, Mertzwiller, Froeschwiller, Kauffenheim, Weyersheim, Stotzheim, Lalaye, Urbeis, Muttersholtz, Wisches, Wissembourg, Avolsheim, Bietlenheim, Haguenau, Pfaffenhoffen, Fegersheim, Geispolsheim, La Walck, Ueberach, Waltenheim-sur-Zorn, Offendorf, Steinbourg, Rohrwiller, Dalhunden, Stattmatten, Lorentzen, Stotzheim, Thanvillé, Schwindratzheim, Geudertheim, Gambsheim, Wilwisheim, Mothern, Drachenbronn-Birlenbach, Langensoultzbach, Gerstheim, Reichshoffen, Brumath, Sarralbe, Hattmatt, Muhlbach-sur-Bruche, Oberhaslach, Schwartzbach, Witternheim, Hilsenheim, Krautwiller, Ingenheim, Lupstein, Schaffhouse-sur-Zorn, Gingsheim, Wasselone, Baldenheim, Sarrebourg, Wittring, Sarreguemines, Haskirchen, Eschbourg, Duntzenheim
Causes:Fonte des neiges / redoux - Fortes précipitations - Saturation des sols -
Conséquences:Dommages fonctionnels - Dommages matériels -
Source 1:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Description des dégâts causés par les grandes crues de février 1958 - Dégâts des grandes crues de 1958. État des dégâts au cours d'eau et ouvrages hydrauliques dépendant des collectivités locales (classification d'après la localisation géographique). Cf. Tableau 1 ci-dessus.
Source 2:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Description des dégâts causés par les grandes crues de février 1958 - Dégâts des grandes crues de 1958. Dégâts aux cours d'eau domaniaux (III Navigable et des dépendances). Cf. Tableau 2 ci-dessus.
Source 3:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Description des dégâts causés par les grandes crues de février 1958 - Dégâts des grandes crues de 1958. État des dégâts aux chemins ruraux (classification d'après la localisation géographique). Cf. Tableau 3 ci-dessus.
Source 4:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Description des dégâts causés par les grandes crues de février 1958 - Dégâts des grandes crues de 1958. État des travaux hydrauliques urgents effectuer pour améliorer les conditions d'écoulement des cours d'eau (Liste de Ière urgence) (Classification d'après la localisation géographique). Cf. Tableau 4 ci-dessus.
Source 5:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Rapport du Préfet relatif aux dégâts de crues et de neige de février 1958, 26 mars 1958, Strasbourg : « Les fortes chutes de neige des 7 et 8 février dernier aussitôt suivies par un dégel accéléré (voir en annexe le relevé de l’Institut de Physique du Globe) ont provoqué en plusieurs points du département des inondations qui, si elles ne présentent pas le même caractère de gravité que celles de 1955 ont néanmoins causé des dégâts matériels sensibles tant au domaine public qu’aux patrimoines privés. (…) Ponts provisoires : Les dommages ont été réduits, même sur des ouvrages complètement submergés, comme les ponts de Herbitzheim sur l’Eichel, Herbitzheim sur la Sarre, Sarrewerden sur la Sarre, etc… Toutefois, le pont de Wisches sur la Bruche a reçu le choc d’un sapin entraîné avec sa souche par la rivière. La pile a été gravement ébranlée et l’ouvrage a dû être interdit à la circulation des véhicules à 4 roues. J’ajoute que la seconde crue de la Bruche suivant presque immédiatement la première, a complètement emporté le tablier de cet ouvrage. M. l’Ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées ne disposant d’aucun crédit d’entretien des ponts provisoires, se verra dans l’obligation de proposer la fermeture à la circulation des ouvrages endommagés, la responsabilité de l’Etat étant en cause en cas d’accident. (…) »
Source 6:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Lettre de l’Ingénieur en chef du Génie rural au Préfet du Bas-Rhin, 1er avril 1958, Strasbourg : « (...) Je ne pense pas que la commune de Waltenheim, située sur la colline dominant la Zorn, soit à maintenir dans la liste des communes inondées. Par contre la commune de Wissembourg dont les bas quartiers ont été sérieusement inondés devrait y être ajoutée. De nombreuses communes inscrites sur la liste à savoir : Altenstadt, Avolsheim, Bischwiller, Bietlenheim, Haguenau ne semblent pas avoir souffert de véritables inondations, c’est-à-dire d’invasion par les eaux de surface, mais d’avoir en réalité subi les inconvénients de remontée de la nappe phréatique. Il est possible cependant que pour l’objet recherché pour l’établissement de la liste il y ait avantage à y faire figurer ces communes. (...) D’après les indications qui m’ont été données le soulignement de certaines communes dans la liste indiquerait, celles qui ont plus particulièrement souffert des inondations. Sur cette classification il me semble que les soulignements des communes de Schweighouse et de Pfaffenhoffen ne sont pas particulièrement justifiés, les inondations n’y ayant présenté qu’un caractère très local. Par contre les communes de Drusenheim et surtout de Dettwiller me paraissent devoir être classées par les communes gravement atteintes ». 39 communes sont indiquées comme étant concernées par les inondations du 7 au 25 février : Fegersheim, Geispolsheim, Erstein-Krafft ; pour la Moder : La Walck, Ueberach, Schweighouse-sur-Moder, Haguenau, Bischwiller, Pfaffenhoffen ; pour la Zorn : Waltenheim, Herrlisheim, Offendorf, Saverne, Monswiller, Steinbourg, Dettwiller ; Pour la Zorn et la Moder : Rohrwiller, Drusenheim, Dalhunden, Stattmatten ; Avolsheim ; pour la Sarre : Diebendorff, Sarrewerden, Herbitzheim ; pour l’Eichel : Diemeringen, Lorentzen, Oermingen ; pour la Zinsel : Dossenheim/Zinsel ; Stotzheim, Thanvillé, Triembach-au-Val, Schwindratzheim, Geudertheim, Weyersheim, Gambsheim, Wilwisheim, Bietlenheim, Mothern, Altenstadt. Communes qui sont soulignées (désignant les plus touchées) : Schweighouse-sur-Moder, Herrlisheim, Sarrewerden, Herbitzheim, Pfaffenhoffen.
Source 7:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Lettre du Sous-préfet de Wissembourg au Préfet du Bas-Rhin, 18 mars 1958 : « (...) J’ai l’honneur de vous rendre compte qu’entretemps d’autres dégâts causés par ces inondations m’ont été signalés. Il s’agit notamment des dommages suivants : Commune de Birlenbach : écroulement d’un mur de rive du « Birlenbaechel » sur une longueur d’environ 60m à la sortie-Est du village. Montant des dégâts : environ 1.000.000. –frs. Commune de Langen-Soultzbach : affaissement du chemin vicinal N°1 de Langensoultzbach à Froeschwiller sur une longueur de 40 mètres. Montant des dégâts : 800.000,- à 1.000.000,-frs. (...) ».
Source 8:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Bilan estimatif des dégâts causés par les crues de février 1958 dans le Bas-Rhin. Cf. Tableau 4 ci-dessus.
Source 9:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Bilan estimatif des dégâts causés par les crues de février 1958 dans le Bas-Rhin. Particuliers. Cf. Tableau 5 ci-dessus.
Source 10:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Bilan estimatif des dégâts causés par les crues de février 1958 dans le Bas-Rhin. Industriels. Cf. Tableau 6 ci-dessus.
Source 11:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Tableau des routes inondées par arrondissement par les inondations de février 1958. Cf. Tableau 7 ci-dessus.
Source 12:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Lettre de l’Ingénieur en chef du département du Bas-Rhin, Service des transports, au Préfet du Bas-Rhin, 28 février 1958, Strasbourg : « (...) les efforts de ces équipes de protection ont permis d’éviter des dommages importants, sauf en ce qui concerne le pont de WISCHES, dont il sera question plus loin. (...) Une première estimation permet de les [dégâts] évaluer comme suite : Routes nationales (principalement dans la vallée de l’Eichel) 6.5 M, Chemins Départementaux 27 M, Ponts provisoires 4 M. des dégâts matériels ont été constatés sur des tapis en matériaux enrobés récemment posés, qui ont été soulevés ou arrachés par de grandes plaques par les eaux venant du sous-sol ou déversant par-dessus la route. Des érosions importantes ont été constatées du côté aval des routes fonctionnant en déversoir ; des accotements ont été ravinés et des plantations détériorées. En ce qui concerne les ponts provisoires, les dommages ont été réduits, même sur des ouvrages complètement submergés, comme les ponts de HERBITZHEIM sur l’Eichel, HERBITZHEIM sur la Sarre, SARREWERDEN sur la Sarre, etc. Toutefois, le pont de WISCHES sur la Bruche a reçu le choc d’un sapin entraîné avec sa souche par la rivière. La pile a été gravement ébranlée et l’ouvrage a dû être interdit à la circulation des véhicules à 4 roues. J’ajoute que la seconde crue de la Bruche suivant presque immédiatement la première, a complètement emporté le tablier de cet ouvrage. Je signale à ce propos que je ne dispose d’aucun crédit pour entretenir les ponts provisoires, et que je ne puis en espérer que d’insignifiants, étant donné que le crédit qui, à l’échelle nationale, était en 1957 de l’ordre du milliard ½, n’est plus que de 145 M dans la loi de finances actuelle. (...) Ces travaux sont toutefois extrêmement onéreux. Le premier chantier entrepris sur le CD 109 entre Baldenheim et Rathsamhausen a coûté 23.5 M. Le 9/2/58 il y avait encore 16 cm d’eau sur une petite section de chemin. (...) Pont de Sarrewerden Cet ouvrage n’est inscrit à aucun programme, et sa reconstruction ne peut être envisagée avant plusieurs années. Il faut d’ailleurs noter que celle-ci pose un problème très particulier. En effet, de part et d’autre du pont, mais surtout sur la rive droite, les rues sont inondables, et M. le Conseiller général JUNG a signalé qu’au plus fort de la crue il y avait un mètre d’eau dans l’église. (...) Route de SCHWINDRATZHEIM à WALTENHEIM s/ Zorn La nuisance du remblai par lequel le CD 32 traverse la vallée de la Zorn a été signalée cette année pour la première fois. Ceci semble imputable au fait signalé par l’Ingénieur en Chef du Génie Rural, que la crue de la Zorn a été d’une durée exceptionnellement longue, ce qui fait que, selon le mécanisme exposé plus haut, le reversoir ainsi créé a eu le temps de se remplir et même de déborder, ce qui a causé des dommages importants. (...) R.N. 68 à Gambsheim Il a été signalé que la route a empêché l’écoulement des eaux situées à l’ouest. (...) ».
Source 13:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Compte-rendu de la séance d’information relative aux crues de février 1958, 26 février 1958 à 11h30, l’hôtel de la Préfecture à Strasbourg : « (...) I – Bilan des inondations a) Cours d’eau non navigables ni flottables M. DENOZIERE après avoir rappelé les causes des inondations qui se sont produites et procédé à leur description, pense que les crues les plus importantes ont été constatées sur le cours de la Zorn et sur la partie de la haute Moder, c’est-à-dire en amont jusqu’à PFAFFENHOFFEN. Sur le cours de la Bruche, sur celui de l’Ill et des rivières du Sud du département elles ont été d’importance moyenne. Dans le Nord les travaux effectués sur l’Eichel ont atténué les effets de la crue à Diemeringen qui n’a pas atteint l’importance de celle de 1955 (voir relevé joint). b) Cours d’eau navigables flottables M. MARCHAL signale qu’il n’y a pas eu de véritable crue du Rhin. Les seuls dégâts ont été les destructions de lignes téléphoniques. Par contre, la situation sur la Sarre s’est avérée plus grave. Toutefois, les dégâts assez importants intéressent surtout la Moselle. Pour le Bas-Rhin ces dégâts sont limités à 4 millions environ. c) Voirie M. CACHERA mentionne les principales coupures de routes occasionnées par les inondations et notamment celle de Schwindratzheim. En deux points les eaux ont été particulièrement hautes : à Schweighouse et à Herbitzheim. Les dégâts sont limités : - routes nationales (principalement dans la vallée de l’Eichel) à 6.500.000 fr ; - chemins départementaux 27.000.000 Fr ; - ponts provisoires 4.000.000 Fr. Il précise que ce sont les routes les moins solides qui, comme d’habitude, ont pâti le plus. Le pont provisoire de la route de Wisches à Schwartzbach a été emporté. d) protection Civile (...) D’après les recensements effectués 39 communes auraient été affectées par les inondations. Les dégâts relevés sont surtout des dégâts de caves et de rez-de-chaussée. La liste des dites communes est annexée au présent compte-rendu. II – Causes M. ROTHE à l’aide des tableaux distribués aux membres présents et dont un exemplaire est joint au présent compte-rendu commente l’enchaînement des phénomènes météorologiques qui sont à l’origine des crues. Il souligne qu’il s’agit de phénomènes classiques qui ne constituent pas une anomalie. III – Mesures prises et à prendre a) Cours d’eau non navigables ni flottables (...) » 39 communes inondées : Fegersheim, Geispolsheim, Erstein-Krafft, La Walck (Moder), Ueberach (Moder), Schweighouse s/Moder (Moder), Haguenau (Moder), Bischwiller (Moder), Waltenheim (Zorn), Herrlisheim (Zorn), Offendorf (Zorn), Rohrwiller (Moder + Zorn), Drusenheim (Moder + Zorn), Dalhunden (Moder + Zorn), Stattmatten (Moder + Zorn), Avolsheim, Diedendorf (Sarre), Sarrewerden (Sarre), Herbitzheim (Sarre), Diemeringen (Eichel), Lorentzen (Eichel), Oermingen (Eichel), Pfaffenhoffen (Moder), Saverne (Zorn), Monswiller (Zorn), Steinbourg (Zorn), Dettwiller (Zorn), Dossenheim/Zinsel (Zinsel), Stotzheim, Thanvillé, Triembach-au-Val, Schwindratzheim, Geudertheim, Weyersheim, Gambsheim, Willwisheim, Bietlenheim, Mothern, Altenstadt. Évaluation des dégâts sur les cours d’eau non navigables ni flottables et chemins ruraux : 1) Cours d’eau : région de Haguenau 6.500.000 Fr. Sarre-Union 300.000 Fr. Saverne 4.140.000 Fr. Wissembourg néant. Molsheim 8.210.000 fr. Erstein néant. Sélestat-Campagne 6.000.000 Fr. Sélestat Ill 2.200.000 Fr. Strasbourg-Campagne néant. 2) voirie agricole : région de Sarre-Union, Haguenau, Saverne, Sélestat-Campagne : 18.180.000 fr.
Source 14:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Retranscription des interventions lors de la réunion d’information relative aux crues de février 1958, 26 février 1958 à 11h30, l’hôtel de la Préfecture à Strasbourg : « (…) qui est arrivée dans le département du Bas-Rhin depuis le 8 février et qui n’est pas terminée, puisqu’elle se trouve actuellement dans une deuxième phase, en cours d’évolution qui n’a pas cessé depuis cette date. (…) Je rappellerai que le phénomène a commencé par des chutes de neige extraordinaires, qui ont précédé le vendredi 7, et la fusion rapide de cette neige dans tout le département, à la suite d’un réchauffement brisque de la température combiné avec de la pluie. Dès le vendredi 7, à 9 heures du matin nous avions déjà des cotes de lecture de crue, et dès le samedi matin, sur l’ensemble du département, nous nous trouvions avec des crues et l’annonce d’un bulletin météorologique défavorable. D’autre part, je dois dire qu’elle a été remarquable par sa durée ; nous pensions qu’elle passerait rapidement et cette crue s’est déroulée très lentement. Deuxième rivière dans laquelle la crue a été relativement importante, même très importante : c’est celle de la Moder, mais de la partie de la haute Moder, c’est-à-dire jusqu’à Pfaffenhoffen. Egalement à Pfaffenhoffen la hauteur de crue de 1955, était une des plus importantes connues ; elle a été atteinte dans l’après-midi du dimanche. Mais en aval, la crue n’a pas été aussi importante et à Haguenau la différence était d’environ en moins de 60 cm. Ceci peut s’expliquer par le fait que la rivière n’a pas eu une crue aussi importante qu’en 1955. (…) Pour la Bruche, la crue était nettement inférieure aux crues précédentes avec une hauteur d’eau maxima à Wolxheim de 2,m90, alors que c’était 3,m05 en 1955. Le résultat favorable a été qu’à Strasbourg qui reçoit les eaux de la Bruche, la crue n’a pas eu l’importance des grandes crues précédentes et que, notamment, le maximum de l’Ill à la Montagne Verte a été de 2,m22 alors qu’on avait eu en 1955, une hauteur de 2m44, donc 22 cm plus bas. Enfin, au sud du département, on peut dire que la crue a été également d’importance moyenne. C’est une crue appréciable, mais malgré tout, elle n’a pas du tout atteint l’importance des grandes crues précédentes. C'est ainsi, pour ne pas rentrer dans les détails, puisque ceux-ci nous amèneraient un peu loin, que nous avons eu un débit maximum de l’Ill en amont d’Erstein de 320 m3 par seconde, alors qu’en 1955 ce débit étaient d’environ 550 m3 par seconde. Il est vrai que, d’autre part, un élément plus favorable, qui nous sera confirmé par mon collègue de la navigation, est que le Rhin n’avait pas atteint les hauteurs connues en 1955, ce qui fait que le déroulement de la crue dans le sud du département, sauf certains incidents locaux, n’a pas eu du tout l’importance qu’il avait eu trois ans auparavant. Sans vouloir anticiper sur la suite, je dois dire que dans le dispositif de protection de Strasbourg contre les inondations, on a eu immédiatement le fruit de tous les travaux qui avaient été faits d’après les crues de 1955, ce qui a diminué l’importance de ces crues qui est d’importance moyenne. Pour essayer de situer en plus l’importance de la crue je vous dirai que sur le canal de décharge, nous avions atteint en 1955 4,m49 au barrage de Plobsheim, sur les digues du canal de décharge, alors que cette fois-ci le maximum qui avait été observé sur les mêmes digues du canal de décharge a été de 3,m60. Il y a donc une différence au point de vue de la hauteur. Pour terminer un mot de l’Alsace bossue : la question de l’Eichel. L’Eichel a eu une crue qui n’a pas atteint l’importance de 1955, qui a atteint une hauteur de 2,m90, alors que nous avions atteint en 1955 une hauteur très supérieure. Et je dois dire, d’autre part, que là aussi, il y a eu, en ce qui concerne Diemeringen, le premier effet des mesures d’amélioration qui ont été faites, mais qui n’ont pas pu jouer encore pour les communes aval, et on a pu voir la différence. Par contre, la Sarre a une crue exceptionnelle mais ceci n’est pas dans mes attributions. (…) M. MARCHAL – Je puis simplement vous donner les indications suivantes : en ce qui concerne le Rhin, il n’y a pas eu de problème, au début de février, parce que nous n’avons même pas atteint la cote d’alerte. Il n’y a pas eu de véritable crue du Rhin. Il y avait une petite crue : on a atteint 4,m40, c’est-à-dire une cote nettement inférieure à la cote d’alerte qui est 5 m et encore plus inférieure ç la cote de crue ; elle était de 6 m pour cette nuit, 5,m03 le matin ; mais déjà à 4,m95, le Rhin enjambe la cote d’alerte. Mais elle n’est pas très grave en tant qu’alerte, on peut encore naviguer j’jusqu’à cette cote et on est à 1 mètre plus bas que la crue de janvier 1955. Le maximum du Rhin passe et il n’y a pas de risques de conjonction. Le long du Rhin, les seuls dégâts que nous avons vus, qui ont compliqué l’affaire, ce sont les destructions des lignes téléphoniques et c’était plus grave sur les canaux et sur la Sarre. Pour faire suite à ce que disait tout l’heure M. Dénozière, concernant les crues de la Zorn, par suite du manque de liaisons téléphoniques et autres, les eaux ont a plusieurs reprises débordé dans le canal, lequel a redébordé dans la Zorn. Périodiquement, il y a des aventure de ce genre ; par miracle, cela n’a pas amené de catastrophe. Le miracle est qu’il n’y avait pas de liaisons et les gens couraient en estafettes ; les éclusiers ont eu brusquement un énorme courant et ont eu à peine le temps de lever leurs vannes. Quand on n’a pas de liaisons téléphoniques, les conditions sont mauvaises. C’est sur la Sarre que, cette fois-ci, la situation s’est avérée la plus grave. Je dois dire que nous avons échappé de peu à la catastrophe, parce que là encore, les transmissions et les cotes d’annonce de crue n’ont pu être faites que dans des conditions extrêmement difficiles. Nous avons des agents qui ont du rester 3 jours et 3 nuits sas pouvoir se reposer. Ce qui a été inquiétant, c’est qu’à Sarrebourg, nous avons dépassé la cote des plus hautes eaux connue ; on a dépassé la cote connue ; on a dépassé la cote connue depuis plus d’un siècle. Le miracle, c’est qu’au-delà de Sarrebourg, la crue n’a pas eu le même amplitude et ne s’est pas propagée de la même manière qu’en 1947. Cela tient en grande partie au fait que le sol n’était pas gelé, tandis qu’en 1947, il l’était et a laissé passer la crue. Cette fois-ci, le sol a absorbé une bonne partie de l’eau. La crue à Sarralhe est passée 14 cm plus bas que celle de 1947 ; à Wittring, 6m,30 au lieu de 6m ; à Sarreguemines, 6m au lieu de 9m,35 ; à la limite du département, la crue était moins importante. Là encore, les dégâts sont ; malheureusement assez importants, ils intéressent la Moselle. Nous avons une cinquantaine de million sur le canal des houillères de la Sarre. Comme dégâts intéressants le département, il n'y a guère que 16 kilomètres de canal qui bordent le département et ces dégâts sont limités à 4 millions de francs. (…) M. ROTHE – (…) Il y a eu une arrivée d’air arctique le jeudi soir, suivant le passage d’une dépression qui s’était déplacée sur la Baltique, qui faisait partie de toute une chaîne de dépressions. Cet air arctique a envahi notre région et est resté stationnaire pendant un jour, à l’avant une nouvelle perturbation très chaude avec un front chaud très marqué qui a amené le dégel de la couche de neige de façon très rapide. (…) C’est un phénomène classique, en particulier la prévision du froid-chaud était facile à faire. (…) ce qui est à remarquer, c’est l’uniformité de la hauteur des précipitations, contrairement à ce qui s’était passé en 1947 où avec M. Jung j’avais fait une étude détaillée et contrairement à ce qui c’était passé en 1955. Ceci résulte du stationnement de la zone de neige sur le Nord de l’Alsace et à peu près partout à la même hauteur aussi bien en montagne qu’en plaine et c’est ce qui a donné les 30 ou 40 mm d’eau qu’on a mesurés le 8 au matin. (...) le réchauffement très net le 8 et le 9. Le tableau III indique la hauteur de neige mesurée à 7 heures du matin en centimètres, on peut voir ainsi très facilement comment s’est constituée la couche de neige par exemple à Phalsbourg : 50 cm le 7 ; le 9 20 cm et le 10, neige par place. La même chose à Strasbourg. En montagne où il a fait un peu moins chaud, la fusion a été moins rapide. 45 cm ont fondu entre le 9 et le 9 au matin. Pour mémoire j’ai donné les hauteurs de neige dans les hautes Vosges. Cette fois la crue n’a pas été due à des précipitations importantes dans les Hautes-Vosges, mais au contraire, à cette forte chute de neige dans les basses Vosges. Enfin, le tableau IV vous permet une comparaison entre les hauteurs de précipitations pour les trois grandes périodes que nous avons pu étudier, c’est-à-dire la fameuse crue de 1947, celle de 1955 et celle de 1958. Tout à l’heure M. Marchal se demandait pourquoi les effets sur la vallée de la Sarre inférieure avaient été moins grands (…) En 1947, il y a eu des hauteurs de pluie beaucoup plus grandes que cette année. Cette année, on a échappé à une catastrophe qui aurait pû être considérable, parce qu’il a peu plu au moment de la fonte des neiges, alors qu’en 1947, il y avait une forte pluie. (…) M. HOLWECK – Le problème s’est présenté de façon alarmante parce que non seulement nous savions que nous avions des couches importantes de neige sur les Vosges, nous savions que nous étions à l’approche d’un front chaud, mais ce qui est plus grave, c’est que nous avions des perturbations téléphoniques quasi générales. C’est ainsi que les P.T.T. ont enregistré 8.000 coupures téléphoniques dès la fin de la journée de vendredi et que plus de 400 stations rurales étaient coupées. (…) La situation a évidemment très brusquement évoluée. Nous en avons l’habitude, chaque fois que cela va mal, cela commence sur l’Eichel et sur la Sarre. Cette fois-ci l’Eichel s’est comportée assez sagement, je pense que cela tient au fait que signale M. Rothe, c’est qu’il n’y a pas eu beaucoup de pluies. Par contre, la Sarre nous a terriblement inquiétée parce que nous ne savions pas très bien ce que nous avions en amont, sinon des renseignements difficiles à interpréter de Sarrebourg, donnant des pointes d’eau très importantes (...) Devant cette situation, l’ingénieur chargé de la vallée de la Sarre au point de vue des secours, m’a signalé qu’il avait procédé à quelques évacuations de maisons à Sarrewerden. (…) La Sarre, fort heureusement a baissé rapidement, si bien qu’à Sarrewerden je pense que les dégâts se limitent à des rez-de-chaussés très sérieusement envahis. De même, il y a des dégâts en aval de Sarrewerden à Herbitzheim dans le Bas-Rhin où nous avons eu une très forte montée. Par la suite ce sont évidemment les autres rivières qui nous ont inquiétées, spécialement la Zorn et la Moder. Sur la Zorn et la Moder même problème, on nous donne des crues très élevées en amont et nous avons eu (…) Sur la Moder la seule commune ayant souffert, c’est Pfaffenhoffen. Il faut peut-être ajouter Schweighouse, qui est un point sensible. C’est une écluse et cela prend des aspects importants. Sur la Zorn nous avons la basse vallée et pas mal d’accidents dans la région de Saverne. Là aussi ce sont des dégâts surtout industriels. Il est certain qu’il y a eu des dégâts mais je n’en ai pas eu le fin mot jusqu’à présent, parce que nous avons plongé immédiatement dans la deuxième crue. (…) Mais je pense que c’est une conjoncture exceptionnelle de coupures de téléphone et de montée d’eau qui s’est produite pour la première fois. Je crois que les chiffres sont peu significatifs, parce que sur les 39 communes affectées par l’inondation nous n’avons pas fait de relevés de dégâts jusqu’à présent. Ces dégâts étant des dégâts de caves, de rez-de-chaussée, nous avons pensé qu’il valait, mieux, pour un temps, ne pas créer des espoirs qui, peut-être, se réaliseraient mal par la suite. (…) M. CACHERA – En ce qui concerne les routes coupées, nous en avons assez l’habitude, ce sont toujours les mêmes, nous les connaissons bien. Il y a eu quelques inondations, la route de Schwindratzheim a été coupée. Il y a eu une vingtaine de centimètres d’eau, ce qui ne s’était jamais vu, cela correspond à ce qui a été dit. On peut également dire qu’il y a deux points sur lesquels les eaux ont été exceptionnellement hautes, d’une part à Schweighouse, la nouvelle route qui vient à peine d’être finie, et dont la côte avait été terminée d’après les renseignements donnée. Cette route a été submergée. (…) d’autre part, à Herbitzheim, nous avons relevé 2 cm de plus que les plus hautes eaux connues. Cela ne correspond pas à ce qui a été dit tout à l’heure. Au point de vue des dégâts, c’est assez limité. Un peu plus de 6 millions sur cette route de Oermingen à Domfessel. Les routes les moins solides sont celles qui pâtissent le plus. Sur les chemins départementaux, entre 25 et 30 millions de dégâts. Sur les ponts provisoires, environ 5 millions. Les dégâts les plus importants étant ceux du pont de la route de Wisches à Schwartzbach qui, fortement ébranlé par la première cure, est parti hier définitivement. Je ne rétablirai pas le mont de Wisches-Schwartzbach par exemple, ni aucun autre, si les crédits ne sont pas prévus au budget. La responsabilité de l’Etat étant engagée, aussitôt qu’un pont aura besoin de réparations, je couperai le pont. Il y en a 122. (…) M. DENOZIERE – (…) En second lieu, j’ai fait estimer comme en 1955 les dommages à la voirie agricole et aux terres. Je dois dire que le résultat de cette estimation me donne une liste détaillée qui, je crois, nous emmènerait trop loin. (…) Ces résultats sont inférieurs à ceux de 1955. Je donne le détail qui situe géographiquement ces dommages. Pour les cours d’eau : Haguenau 6 500 000, Sarre-Union 300 000, Saverne 4 140 000, Wissembourg néant, total 27 300 000. Pour la voirie agricole, région de Sarre-Union, Haguenau, Saverne et Sélestat campagne : 18 180 000. Voici, par exemple, l’évaluation des dégâts pour la vallée de la Zorn. Les dégâts, sont les suivants : dans le syndicat du Zornsted, berges du canal de décharge de la Zorn emportées par les eaux : 720 000 fr ncs. Total 2 millions. Vous voyez que le total des dégâts eux-mêmes donne une somme qui n’est pas négligeable, puisque si on compare ces 27 millions avec la cote de 85 millions de réparations de dommages de crues qui a été accordée çà la suite des inondations de 1955, ceci représente une part suffisamment appréciable de ces dommages pour qu’on puisse considérer que c’est loin d’être négligeable. La crue ayant été localisée, les dommages aux cours d’eau et même à la voirie agricole sont nettement inférieurs, mais représente pour les collectivités qui ont la charge de cet entretien, les syndicats fluviaux ou les communes pour les chemins ruraux, une charge très lourde et qui pour la remise en état rapide posera des problèmes financiers très difficiles. M. MARCHAL – (…) Nous avons eu un nombre considérable de troncs d’arbres et de branches qui ont été emportés par les eaux et qui nous ont causé aussi bien à Krafft qu’à Strasbourg dans nos barrages mobiles des dégâts complexes et toutes ces branches, tous ces troncs sont venus s’embouteiller dans les fermettes et ont failli ne pas pouvoir abaisser le barrage, de sorte que la crue a failli causer des dégâts plis grands, parce qu’on arrivait plus à faire fonctionner le barrage. C’est n miracle s’il n’y a pas eu d’accidents de personnes ! (….) M. DENOZIERE – Effectivement, à la suite des crues de 1955, on avait tiré des enseignements de ces crues et on avait conclu qu’il y avait lieu de faire d’abord des travaux de réparations purs et simples des dommages pour rétablir l’état de chose ancien, dans les rivières (...) Quoiqu’il en soit, on peut dire que dès maintenant la faible partie des travaux faits a montré son efficacité, puisque pour la partie amont, à Diemeringen on n’a pas eu d’inondation comparable et que dans la partie avale, on a dû donner l’alerte deux fois, puisque pour les crues d’hier et d’avant-hier il y a encore eu une alerte de Domfessel jusqu’à Weislingen. On a donc pu se rendre compte de l’efficacité. Pour l’instant la crue a été moins importante de 15 cm. A Diemeringen, 50 maisons sont menacées, mais le niveau était moins dommageable que si cette inondation était arrivée. (…) Dans la vallée de la Sauer, les travaux sont en cours. A l’heure actuelle, dans la partie aval, on n’a pas constaté les mêmes inondations que par le passé. Dettwiller est une commune qui a souffert de ces inondations. C’est une question dont il faudrait parler longuement. Les seuls travaux exécutés étaient ceux des dérivations de la crue de la Moder par un canal de décharge. Cette fois-ci ces travaux ont été insuffisants parce que la crue de la Zorn a tout submergé. Mais pour une crue intermédiaire qui s’est passée dans le courant de l’année, les travaux qui ont été faits ont montré leur efficacité, c’est-à-dire que la crue de la Moder n’a pas inondé les quelques maisons situés à l’entrée de Bettwiller. A Detwiller, elles ont été de l’importance de celles que nous connaissons. Il y a là un problème plus vaste dont nous parlerons pour les améliorations, les travaux effectués étant insuffisants. (…) M. le DR. WESTPHAL – (…) Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce qui a été dit, lorsqu’on a dit que la crue n’était pas si mauvais. Dans l’ensemble, la situation de Diemeringen peut être comparée à celle de Saverne sur la Zorn, il y a eu à Saverne un mètre d’eau dans l’église et à Diemeringen il y en a un peu dans les rues et dans les caves, mais pas dans les maisons. Nous avons vu l’Eichel qui mettait du temps à écouler ses eaux, transformée en torrent et évacuer assez rapidement une quantité de neige (...). Grâce aux travaux qui ont été faits en aval de Diemeringen, du côté de Lorentzen et de Domfessel les eaux ont pu s’écouler rapidement et il n’y a pas eu de gros dégâts ni à la première crue, ni à la deuxième, où il n’y a pas eu d’eau dans les rues, sauf dans une seule. (…) M. JUNG – (…) J’ai constaté un fait qui jusqu’à présent était minime, c’est que le village de Haskirchen a été surpris par les eaux à cause d’un ruisseau qui n’est plus curé, il y avait un danger pour l’étang de Mietesheim, c’est le déversement naturel de cet étang, et à un certain moment on avait peur qu’une digue puisse rompre. (…) M. FISCHER – (Maire de Brumath) (…) L’ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées a dit qu’il n’y avait pas d’autres routes coupées, mais vous n’avez pas donné la route de Olwisheim. Cela a presque débordé sur Stephansfeld. Les gens ont eu de l’eau dans les caves comme partout, mais aux étages aussi. La route de Strasbourg-Brumath était coupée le dimanche (…) M. DENOZIERE – (…) pour terminer, comme conclusion de la petite conclusion pratique de ces inondations, je me permets aussi malheureusement de noter que nous avons dû donner des procès-verbaux en tant que services hydrauliques à de nombreux usiniers (...) ce qui fait que notamment à Brumath, à Krautwiller, des agglomérations ont été inondées par le fait de la négligence de ces usiniers (…) ».
Source 15:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Rapport du Préfet du Bas-Rhin relatif aux réparations des dégâts aux cours d’eau non navigables et à la voirie rurale suite aux crues de février 1958 et aux travaux d’hydraulique agricole nécessaires pour améliorer l’écoulement des eaux, 29 mars 1958 : « Du 7 au 25 février 1958, le département du Bas-Rhin a connu de graves inondations causées par l’ensemble des rivières affluents de l’Ill ou du Rhin. (…) Tableau I – réparation des dégâts de crues. Ce tableau comprend la liste de travaux d’hydraulique agricole nécessaires pour réparer les dégâts causés sur les cours d’eau non navigables ni flottables. Leur montant s’élève à 57.940.000 arrondi à 58.000.000. Un tableau I bis est annexé, pour mémoire, en ce qui concerne les cours d’eau domaniaux (Ill navigable et ses dépendances dont le montant s’élève à 12.400.000. Tableau II – Réparation à la voirie rurale. De nombreux chemins ruraux ont été dégradés, ravinés et même parfois emportés par les eaux. Leur remise en état exige des travaux importants de réfection. Le montant des travaux à réaliser s’élève à 38.070.000. (…) Conclusion. Les tableaux joints au présent rapport révèlent les dégâts considérables qu’ont causé les inondations de février 1958 aux cours d’eau et à la voirie rurale. Ces état font ressortir également l’ampleur des travaux à entreprendre sur les cours d’eau non navigables sir l’on veut non seulement réparer les dégâts, mais surtout éviter le retour des inondations. (…) ».
Source 16:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Bilan estimatif des dégâts dans le Bas-Rhin, Annexe A rdu apport du Préfet du Bas-Rhin relatif aux inondations de février 1958, 1ère session ordinaire de mai 1958. Cf. Tableau 8 ci-dessus.
Source 17:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 18.
 Lettre de l’ingénieur en Chef du Génie Rural au Préfet du Bas-Rhin, 21 avril 1958, Strasbourg : « J’ai l’honneur de transmettre ci-joint après vérification, une facture de travaux effectués le 10 février 1958 par l’entreprise KIENTZ Charles de Herrlisheim, sur réquisition de M. le Maire de la commune de Herrlisheim. Les travaux visaient à l’aménagement hâtif d’une digue destinée à limiter les inondations de la route nationale. (…) »
Source 18:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 18.
 Lettre du Sous-préfet de Saverne au Préfet du Bas-Rhin, 2 avril 1958, Saverne : « J’ai l’honneur de vous adresser, sous ce pli, deux requêtes prévensées par Mme (...), demeurant à Dettwiller, 52, rue de Strasbourg, et M.M. (...), demeurant à Duntzenheim, qui sollicitent une indmenisation pour les dégâts subis, lors des inondations du mois de février dernier, à leur propriété située sur le territoire de la commune de Dettwiller. (…) ».
Source 19:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 18.
 Lettre d'une habitante de Dettwiller au Maire de Dettwiller, 26 mars 1958, Dettwiller : « (…) J’ai l’honneur de vous faire connaitre que ma propriété (pré) située sur le territoire de la commune de Dettwiller au lieu dit « Steinmatt » A n° 1373 1/2 a subi des dégâts très importants lors des dernières inondations, à savoir : dépôt de gravier, sable et immondices de toutes sortes. Le volume de ce dépôt peut être évalué à 100 m3 (cent) environ et représente une quinzaine de journées de travail pour le rassemblement et l’enlèvement. En outre le transport du dépôt occasionnera de profondes ornières sur la presque totalité du pré. (…) »
Source 20:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 18.
 Lettre d'un habitant de Dettwiller au Maire de Dettwiller, 26 mars 1958, Dettwiller : « (…) J’ai l’honneur de vous faire connaitre que ma propriété (pré) située sur le territoire de la commune de Dettwiller au lieu dit « Steinmatt » A n° 1373 1/2 a subi des dégâts très importants lors des dernières inondations, à savoir : dépôt de gravier, sable et immondices de toutes sortes. Le volume de ce dépôt peut être évalué à 100 m3 (cent) environ et représente une quinzaine de journées de travail pour le rassemblement et l’enlèvement. En outre le transport du dépôt occasionnera de profondes ornières sur la presque totalité du pré. (…) »
Source 21:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 18.
 Lettre du Préfet du Bas-Rhin au Conseiller Général à Kilstett, 28 mars 1958 : « (…) Vous avez bien voulu me faire remettre par l’intermédiaire de M. l’Ingénieur en Chef du Génie Rural des demandes d’indemnisation pour dégâts d’inondation présentées par M. (...) domiciliés à Gambsheim (…) ».
Source 22:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 18.
 Lettre d'un habitant de Gambsheim au Conseiller Général à Kilstett, 21 février 1958, Gambsheim : « Da wir nun schon 3 mal von Uberschwemungen schon Heimgesucht wurden, und jedes mal trotz Vorsicht Hühnen und Kaninchen einbüssen müssen und besonders der Wintervorat im Keller und auch im Garten total zu grunde geht ».
Source 23:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 18.
 État des pertes éprouvées par suite de l’inondation de février 1958 sur la propriété d'un habitant de Gambsheim, 21 février 1958, Gambsheim : pertes notamment en pommes de terre, salade, oignon et ail.
Source 24:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 18.
 Lettre d'un habitant de Gambsheim au Conseiller Général à Kilstett, 21 février 1958, Gambsheim : « (…) J’ai l’honneur de vous soumettre par la présente une demande de dommages d’eau. C’est la deuxième fois que nous avons des pertes en 1955 et 1958. Dans la cave toutes les provisions d’hiver, de même dans le jardin, des poules et des lapins qu’on pouvait plus sauver, et dans la cordonnerie dont je gagne mon entretien de famille était complètement remplie avec de l’eau (…) ».

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