DETAIL DE L'ARTICLE

Janvier 1920

Cours d'eau:Bruche, Doller, Fecht, Ill, Lauch, Moselle, Rhin, Thur, Zorn
Date:Le 12 / 1 / 1920
Localités touchées:Buhl, Malmerspach, Epinal, Vieux-Thann, Wildenstein, Guebwiller, Lautenbach, Munster, Cernay, Luttenbach-prés-Munster, Walschbronn, Mommenheim, Mulhouse, Hirtzbach, Richwiller, Lutterbach, Bollwiller, Altkirch, Thann, Reiningue, Strasbourg, Saverne, Dettwiller, Staffelfelden, Reiningue, Colmar, Ostheim, Bennwihr, Sarreguemines, Bâle, Eckbolsheim, Malmerspach, Kembs, Masevaux, Wintzenheim
Causes:Fonte des neiges / redoux - Fortes précipitations - Orages - Précipitations continues -
Conséquences:Dommages environnementaux - Dommages fonctionnels - Dommages humains - Dommages matériels -
Source 1:DIREN Alsace, SEMA, ''Liste des crues supérieures à 45m3/s, rivière Bruche, période 1949-2004", non daté.
 Crue de la Bruche. A Wolxheim, la rivière atteint une hauteur de 2.77 m et enregistre un débit de 111 m3/s.
Source 2:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 683.
 La Zorn atteint 3.00 m à Waltenheim.
Source 3:DESCOMBES René, "L’eau dans la ville, des métiers et des hommes", Strasbourg, Ed. Ronald Hirlé, 1995.
 L'ouvrage mentionne une crue du Rhin et de l'Ill.
Source 4:LAMEY Joëlle, "Caractéristiques, perceptions et acteurs du risque d’inondation : le cas de la vallée de la Fecht, XXème – XXIème siècles", Mémoire de Master (Histoire), Université de Haute-Alsace, Mulhouse, 2006.
 La situation de la commune de Luttenbach est inédite. En effet, elle a été évacuée au cours de la guerre. Et de ce fait elle n'a pas pu entretenir le lit de la rivière comme il aurait fallu. De ce fait, l'inondation de 1920 entraîne l'affouillement du mur de soutènement ainsi que la destruction partielle du radier du pont. Aux abords de la Papeterie, s'est formé un amas de gravier et de rochers.
Source 5:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 121 AL 830.
 Lettre du Préfet de la Moselle au Commissaire Général (Direction de l’Assistance Publique), 13 février 1920, Metz : « J’ai l’honneur de vous communiquer la demande ci-jointe par laquelle M. Foguet, Adam, cultivateur à Dorst, sollicite l’attribution d’un secours pour reconstruire sa maison qui s’est écroulée le 24 janvier dernier (...) ». Commune de Walschbronn.
Source 6:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 390 D 901.
 12 janvier 1920 : « Mommenheim. Zornstand 2,60 steigend ».
Source 7:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 124.
 Télégramme, 16 janvier 1920, Guémar : « Illhaeusern morgens 256 jetzt 254 faellt. Meyer ».
Source 8:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 124.
 Télégramme, 15 janvier 1920, Guémar : « illhaeusern morgens 267 jetzt 263 faellt. Meyer ».
Source 9:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 16.
 Lettre de l’Ingénieur en chef du Génie rural au Directeur du Consortium des Canaux d’Alsace et Lorraine à Paris, 29 septembre 1922 : « (...) La crue des 13 et 14 janvier 1920 a atteint en aval de Colmar presque les mêmes niveaux qu’en 1910, tandis que l’afflux en amont d’Illhäusern a été moindre et correspondait à peu près à celui du mois de décembre dernier. (...) ».
Source 10:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 16.
 Rapport de de l’Ingénieur des Améliorations à l’Ingénieur en chef des Améliorations à Strasbourg, relatif aux crues de décembre 1919 et de janvier 1920, 28 janvier 1920, Strasbourg : « (...) La crue du 14 et 15 janvier a atteint en aval de Colmar presque les mêmes niveaux qu’en 1910, tandis que l’afflux du territoire en amont d’Illhausern a été moindre et correspondait à peu près à celui du mois de décembre dernier. (...) ».
Source 11:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 124.
 Télégramme, 12 janvier 1920, Guémar : « Illhaeusern gestern abend 243 jetzt 273 steigt. Meyer ».
Source 12:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 124.
 Télégramme, 12 janvier 1920, Guémar : « illhaeusern morgen 273 jetzt 284 steigt. Meyer ».
Source 13:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 124.
 Télégramme, 13 janvier 1920, Guémar : « illhaeusern morgens 286 beharrungsstand 286 fallanfang 3 jetzt 280 faellt. Meyer ».
Source 14:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 124.
 Télégramme, 14 janvier 1920, Guémar : « illhaeusern morgens 274 jetzt 274 stillstand. Meyer ».
Source 15:Presse, "L'Express de Mulhouse", 12 janvier 1920
 La tempête de sud-ouest qui sévit depuis deux jours paraît se calmer un peu ce matin. Mais dans la nuit de samedi et celle de dimanche le vent a soufflé avec une rage inouïe. Aussi voit-on dans les rues de nombreux débris de toiles et de morceaux de tôles arrachés aux toitures. À la campagne, de nombreux arbres ont été déracinés, des baraques renversées. Les trains de chemins de fer ont eu du mal à avancer et mainte automobile est restée en panne.
Source 16:Presse, "L'Express de Mulhouse", 13 janvier 1920
 La tempête qui s’était calmée dans la journée hier, a repris dans la soirée. Un vent chaud, espèce de foehn a soufflé violemment pendant la nuit, causant de grands dégâts aux toitures, aux palissades, aux hangars et aux forêts. La pluie, qui ne cesse de tomber, grossit le niveau des rivières et va provoquer de nouvelles inondations. Le seul avantage de la température anormale qui règne présentement et de réduire les besoins du charbon pour le chauffage.
Source 17:Presse, "L'Express de Mulhouse", 13 janvier 1920
 La dernière fonte des neiges et la pluie des jours derniers ont fait subir à la Thur une nouvelle crue qui l’a transformée en torrent rapide. La crue est de 1 mètre depuis samedi. Si la pluie continue des inondations sont de nouveau à craindre. Perspective peu agréable pour la population de la plaine.
Source 18:Presse, "L'Express de Mulhouse", 14 janvier 1920
 Le vent a soufflé de nouveau avec une violence inouïe la nuit dernière. Il a plu à torrents. Jamais on n’a vu temps pareil durer aussi longtemps. Aussi signale-t-on de tous côtés de nouvelles inondations causées par la crue des cours d’eau. Tous les environs de Mulhouse sont submergés. Les crues. Un avis que nous avons publié lundi annonçait une crue de la Doller qui a inondé toute la plaine basse et l’établissement de la conduite d’eau municipale du Hirtzbach. Il a fallu faire appel aux pompiers. L’inondation a atteint la gare de Dornach. Les maisons de Richwiller et de Reiningen étaient dans l’eau, ainsi que celles de Lutterbach et de Bollwiller. Les flots heureusement se sont retirés hier. Les mêmes nouvelles alarmantes nous parviennent des environs d’Altkirch, où les inondations ont causé des dégâts beaucoup plus importants que la première fois. Thann est complètement submergée, il n’y a pas une maison que les eaux aient épargnée. Toutes les communications téléphoniques et de voie ferrée sont interrompues, de sorte que la ville est totalement isolée. Plusieurs ponts ont été enlevés par la force des éléments. Les dégâts s’élèvent à plusieurs millions de francs. Les flots qui heureusement s’étaient retirés lundi après-midi, ont subi une hausse alarmante par suite des nouvelles pluies d’hier. La ville est sans eau potable, sans électricité et sans gaz. Tous les approvisionnements qui se trouvaient dans les caves, sont gâtés, les usines complètement submergées ne travaillent pas. À Wildenstein, les eaux tumultueuses ont submergé malgré tous les efforts de la population les établissements Kullmann et Cie ; pénétrant dans différentes habitations ouvrières, elles y ont causé des dégâts considérables. Toute la contrée ne forme qu’un grand lac ; la famille Muller se trouvait pendant une heure en grand danger, à mi-corps dans l’eau et luttant contre les éléments furieux. Dans la localité seule les dégâts sont estimés à environ un million de francs. Nous recevons encore quelques renseignements complémentaires de Vieux-Thann : Un ouragan s’est abattu sur notre commune avant-hier ; toute la journée et pendant la nuit, la violence du vent fut tellement forte, que quantités de tuiles et débris ont été enlevés des maisons et portés au loin. Le village ressemble à un lac ; les trois quarts de sa superficie est sous l’eau, la communication d’une habitation à l’autre se fait au moyen de poutres ou de petits ponts de fortune, la voie ferrée forme un canal ; d’ailleurs le train de Mulhouse à Wesserling ne s’avance que jusqu’à celle de Cernay. Les usines sont sous l’eau, le ravitaillement ne se fait que difficilement, sur nos trois boulangeries, il n’y a qu’une seule qui peut fonctionner : l’on voit quelques chevaux et des vaches, qui sont d’ailleurs rares ici, déménager dans des endroits plus élevés. Déjà le 25 décembre dernier, la Thur avait débordé et inondé une partie du village ; mais cette fois, le désastre est plus grand, les pommes de terre et autres provisions de ménage nagent dans les caves. Les personnes les plus âgées n’ont jamais vu une crue si grande, et il serait à désirer que le dieu Neptune s’en allât en vacances dans un pays tropical, loin d’ici. Notre situation, après les désastres de la guerre, n’est déjà pas trop brillante, et la réfection des dévastations ne peut se faire que très lentement pas ces intempéries. À Guebwiller, les eaux de la Lauch ont miné le talus du chemin de fer et l’ont fait s’effondrer en partie. La circulation est interrompue sur la ligne de Lautenbach. Dans la vallée de Munster la crue de la Fecht a causé des dégâts considérables aux prés qu’elle a complètement dépouillés de la terre arable.
Source 19:Presse, "L'Express de Mulhouse", 14 janvier 1920
 Un habitant de notre ville se rendant à Wettolsheim, dut tenir son parapluie devant ses yeux afin de se garantir contre la pluie qui lui fouettait le visage et qui l’aveuglait. Arrivé à la hauteur du l’institut viticole (route de Wintzenheim), il fut renversé par une auto venant en sens inverse. Fort heureusement, le monsieur qui était dans l’auto se trouvait être un médecin des environs qui put aussitôt donner les premiers soins au blessé et le reconduire à son domicile.
Source 20:Presse, "L'Express de Mulhouse", 14 janvier 1920
 Epinal, 14 janvier. Une véritable trombe d’eau avec tempête, vent, éclairs, tonnerre, s’est abattue la nuit dernière sur la région. En quelques heures la Moselle a atteint presque le niveau de l’inondation de Noël. De nombreuses caves ont été envahies. L’eau commence à gagner quelques rues, mais le temps paraît s’améliorer et annoncer une baisse.
Source 21:Presse, "L'Express de Mulhouse", 15 janvier 1920
 Malmerspach. L’inondation a fait ici une victime. Le sieur Guilly Martin, voulant détourner les flots qui avaient envahi sa propriété, a été saisi par le tourbillon et noyé. Son cadavre a été retiré de l’eau lundi matin, affreusement mutilé.
Source 22:Presse, "L'Express de Mulhouse", 16 janvier 1920
 La seconde crue de cet hiver a failli tourner en véritable désastre si elle s’était prolongée un jour de plus. À Guebwiller l’eau mina d’abord, rompit ensuite la digue de la Lauch en plusieurs endroits. Vers l’usine Krafft, la voie du chemin de fer était baignée par les flots écumants, menacée d’un éboulement, de sorte qu’il va falloir plusieurs semaines pour rétablir la communication avec les villages situés en arrière de Guebwiller. À Buhl, pendant la nuit de dimanche à lundi, on sonna le tocsin pour appeler les pompiers au secours. Ils n’ont pu empêcher le débordement de la rivière qui traversa en torrent les rues en envahissant les caves de plusieurs maisons. Près de la scierie Pordmann, à Lautenbach, l’eau venant du Petit Ballon avait amené une telle masse de sable sur la route que la circulation y est interceptée. La maison Seltzer a été entourée du jour au lendemain d’un lac et les masses d’eau viennent encore se briser maintenant contre les murs.
Source 23:Presse, "Le Journal d'Alsace-Lorraine", 13 janvier 1920
 Les méfaits de l’ouragan - Le vent, qui avait d’une violence inouïe, a fait d’énormes dégâts dans la nuit de dimanche à lundi. Le drapeau de la Cathédrale et ceux d’autres bâtiments publics ont été emportés. Au [ILLISIBLE] de forts arbres furent déracinés. Des cheminées furent renversées et tombèrent avec grand fracas dans les rues et les cours. Les lignes télégraphiques et téléphoniques sont interrompues à plusieurs endroits.
Source 24:Presse, "Le Journal d'Alsace-Lorraine", 14 janvier 1920
 Dans les départements. BAS-RHIN - SAVERNE - Inondations. - Toute la région jusqu’à Dettwiller est sous l’eau et ne forme qu’un grand lac. C’est la seconde fois depuis un mois que nous sommes inondés. L’eau menace à nouveau DANS LA VALLÉE DE LA THUR Mulhouse. - (De notre correspondant particulier). - Les nouvelles pluies qui ont accompagné a terrible tempête, qui depuis quelques jours sévit sur toute l’Alsace, ont fait à nouveau sortir de leur lit la Doller et la Thur qui commençait à peine à se calmer. Ces nouvelles inondations paraissent aussi sérieuses que les autres et de tourtes parts on signale accidents et dégâts considérables. À Thann, l’eau de la Thur a envahi soudain les bas quartiers dans la matinée de lundi. On cotait 70 centimètres d’eau, et cela après quelques heures de crue. Toutes les communications sont momentanément interrompues. Les trains ne peuvent dépasser Cernay, où l’eau a envahi les voies de chemin de fer, et abattu un pont de pierre près de Staffelfelden. C’est à Reiningen surtout que le désastre s’est fait sentir. Tout le village est sous un mètre d’eau, et les dégâts sont très importants. On dit que le maire de la commune a porté plainte contre un individu qui à coups de grenades (probablement en pêchant) autant fait écrouler une partie d’un remblai, frayant ainsi un chemin à l’inondation. Partout, aussi bien le long de la Thur que de la Doller, les inondations prennent l’apparence d’un désastre. Dans la journée de lundi on signalait déjà une légère décrue, mais avec la pluie incessante il est peut-être téméraire de croire que cette décrue continuera.
Source 25:Presse, "Le Journal d'Alsace-Lorraine", 15 janvier 1920
 Dans les grandes villes. COLMAR : Un noyé. - Lundi, 12 janvier, un petit garçon, âgé de 10 ans, a voulu retirer un arbre des bords de la Fecht près de Munster, est tombé dans la Fecht et fut entrainé par le courant rendu très rapide par suite des pluies. On n’a pu retirer qu’un cadavre. La tempête qui sévit en ce moment fait beaucoup de dégâts dans nos campagnes. De nombreux arbres fruitiers gisent à terre. Les inondations recommencent. Entre Ostheim et Bennwihr la Fecht qui est sortie de sont lit inonde toute la plaine et l’eau menace de barrer la route de la gare au village de Bennwihr, car elle est déjà à hauteur du chemin. Dans la vallée de Munster, également, l’eau menace à nouveau d’enlever les meubles des réfugiés qui sont revenus habiter les baraques existant dans les ruines des anciens champs de bataille. Les réfugiés sont vraiment fort éprouvés sous tous les rapports. Par suite des inondations aux environs de Noël, l’eau a déposé en se retirant, du gravier dans les prés, ce qui donnera beaucoup de travail pour remettre tous ces prés en état. Les communications téléphoniques dans la direction de l’Est sont interrompus, des poteaux ayant été renversés par la tempête.
Source 26:Presse, "Le Journal d'Alsace-Lorraine", 15 janvier 1920
 Le vent fait rage. - Depuis dimanche dernier un ouragan terrible s’est abattu sur la ville et la région, causant partout des dégâts considérables. Des arbres déracinés ou brisés, des cheminées culbutées, des poteaux télégraphiques gisant partout à terre. Les communications téléphoniques sont interrompues. Heureusement, on ne signale jusqu’à présent aucun accident.
Source 27:Presse, "Le Journal d'Alsace-Lorraine", 16 janvier 1920
 LES INONDATIONS. Colmar. - La Lauch, qui traverse Colmar, grossie par les grandes pluies, est sortie de son lit et les jardins riverains sont inondés. L’eau a pénétré même dans certains endroits dans les caves et il est à craindre qu’elle continue à monter. La plaine est un véritable lac. Pour aller vers Mulhouse, il est impossible de suivre la grande route et c’est avec de longs détours que l’on peut aller à Mulhouse. Les automobiles ayant encore pu passer hier matin pour la route n’ont pu passer le soir. En certains endroits, l’eau menace même de recouvrir la voie du chemin de fer. De tous côtés, on ne signale que dégâts. La voie de chemin de fer de Colmar à Ensisheim étant sous l’eau, le trafic a dû être interrompu.
Reiningen - Comme nous l’avons annoncé hier, la Doller a, en quelques heures, envahit tout le village. À la suite d’une communication téléphonique défectueuse, nous avions annoncé qu’une plainte aurait été portée contre un individu qui aurait fait sauter un barrage à la dynamite. En réalité, il s’agit d’une plainte portée par le maire de la commune contre le Syndicat des entrepreneurs de Mulhouse qui l’été dernier construisirent dans le lit de la Doller un barrage causant actuellement une élévation anormale du niveau des eaux. C’est ce barrage qu’il est question de faire sauter à la dynamique. Wildenstein - Sous la formidable pression des eaux de la Thur, le barrage du réservoir de 7.300 mètres cubes près du tissage Kullmann et Cie a cédé. Les eaux ont envahi l’usine, et 130 ouvrières ou ouvriers sont réduits au chômage. Les dégâts sont nombreux et on estime que le chômage dura un ou deux mois. Sarreguemines - La Sarre, grossie par les pluies, continue à causer de grands ravages sur ses rives, roule avec elle tout ce qu’illli trouve dans les champs voisins. La route de Grosbliederstroff est coupée par une hauteur de 0,60 centimètres d’eau à la hauteur de l’ancienne briqueterie, et trois automobilistes qui avaient tenté de s’y engager ont été immobilisés. La batellerie est toujours suspendue. Dans la soirée du 12 janvier, l’eau envahissait les quartiers bas de Sarreguemines et toutes les caves. Les pompiers durent être appelés d’urgence pour retirer leur matériel d’incendie. Munster - La rafale avec violence sur la vallée. Des maisons entières durent secouées par la rafale. Ceux qui en souffrirent le plus furent les habitants logés dans les baraques. Et comme complément de cette tempête, la Fecht débordait. Au Leymen, un jeune garçon de 16 ans, le fils de M. Willmann, aubergiste, fut emporté par les flots. Nous sommes sans communications téléphoniques et télégraphiques et sans éclairage électrique. La réparation des dégâts nécessitera des semaines.
Source 28:Presse, "Le Journal d'Alsace-Lorraine", 16 janvier 1920
 NOUVELLES CRUES DU RHÔNE DE LA MEUSE ET DU MEIN TEMPÊTE EN SUISSE !
 Bâle. - Une tempête d’une violence inouïe s’et abattue sur la Suisse, causant des dégâts considérables, notamment à Zurich et St-Gall, où le vent a atteint une vitesse de 30 mètres à la seconde. À Bâle même, les toitures ont été emportées, les arbres arrachés et la circulation des tramways a dû être interrompue.
Source 29:Presse, "Le Journal d'Alsace-Lorraine", 16 janvier 1920
 Dans les départements BAS-RHIN - ECKBOLSHEIM - Les méfaits de la tempête qui s’est déchaînée ces derniers jours ne sont pas à évaluer. Sans compter les arbres déracinés, les murs renversés, l’enlèvement des toitures et des cheminées, l’ouragan de mercredi matin a encore renversé le coq qui surmontait le clocher de l’église protestante de notre commune. Par [ILLISIBLE] deux tourelles de la tour ont été démolies. HAUT-RHIN MALMERSPACH - Les méfaits de la crue. - Lundi dernier, un vieillard, M. Martin Gully, cherchait à empêcher l’envahissement de sa propriété par la crue. Il fut entrainé par le courant et se noya. Son corps mutilé ne fut retrouvé que le lendemain.
Source 30:Presse, "Le Journal d'Alsace-Lorraine", 18 janvier 1920
 HAUT-RHIN - KEMBS - Le Rhin monte. - On constate une nouvelle crue du Rhin qui roule des eaux furieuses. Le courant est extrêmement violent et de temps à autre on voit passer un arbre, une poutre, un cadavre d’animal domestique. La situation ne parait toutefois pas inquiétante.
Source 31:Presse, "Le Journal d'Alsace-Lorraine", 20 janvier 1920
 MASEVAUX - La dernière inondation - Plus violente que celle de Noël elle a fait de nombreux dégâts. Usines inondées, prés, jardins ravagés, caves noyées, etc. On a à déplorer la mort de deux personnes. L’une retrouvée à Sickert est un cheminot qui, par la nuit noire a dû être surpris par les eaux. La dernière victime est un jeune homme qui a dû tomber à la rivière et a été entrainé par les eaux. Les dégâts matériels s’élèvent à plusieurs dizaines de mille francs. De mémoire d’homme on n’a jamais vu pareille crue; toutes communications postales, télégraphiques et par chemin de fer ont été interrompues pendant plusieurs jours.
Source 32:Presse, "Le Journal d'Alsace-Lorraine", 23 janvier 1920
 COLMAR. Un noyé. - On vient de découvrir dans le bassin du canal à 500 mètres environ de l’endroit où il était tombé, le corps d’un poilu tombé accidentellement à l’eau il y a quelques jours. Les eaux tumultueuses qui grossissaient la semaine dernière le Brennbächlein ont probablement entraîné le corps au canal.
Source 33:Presse, "Le Journal d'Alsace-Lorraine", 30 janvier 1920
 WINTZENHEIM - Après les inondations - On nous écrit : Maintenant que les pluies abondantes ont cessé et que l’eau s’est retirée, il est facile de constater combien grands sont les dommages occasionnés par les inondations. Comme les autres vallées des Vosges, la vallée de Munster a été bien éprouvée. La Fecht, avant un lit qui a différents endroits n’est guère plus profond que les terrains riverains, déborde aisément. En temps ordinaire rivière paisibles, elle devient dans les périodes de pluie un cours d’eau rapide et impétueux inondant les terres et les recouvrant d’alluvions. C’est ainsi que la vallée fut submergée sur un grand parcours, de sorte que bon nombre d parcelles de pré, formant un vrai chaos, sont absolument méconnaissables. Parfois la Fecht, s’étant creusé un autre lit, a changé complètement de direction et se plait apparement sur le terrain nouvellement conquis. C’est désolant pour les propriétaires en question dont beaucoup manqueront de fourrage pour leur bétail.
Source 34:Presse, "Le journal de Mulhouse", 12 janvier 1920
 LES INONDATIONS À MULHOUSE. - Il n’est pas besoin de pluies diluviennes pour aller contempler en pleine ville le spectacle imposant et permanent des inondations. Le soleil a beau nous prodiguer ses rayons les plus siccatifs, ou le gel solidifier les boues les plus collantes, les inondations passées à l’état chroniques ne cessent pas pour si peu ! Elles ne s’étendent pas, il faut le reconnaître, sur de grandes étendues de terrain, et les bâtiments avoisinants ne sont pas encore menacés. C’est pourquoi on laisse tout en état, et aucune mesure n’est prise pour améliorer la situation. Nous continuerons donc à patauger, par tous les temps, dans ces eaux nauséabondes, à prendre des bains de pied malodorants, à entendre de « flac » désagréable qui fait le pied se mouvant dans un soulier détrempé, à emporter, avec soi, un souvenir parfumé et tenace, chaque fois qu’un besoin urgent nous aura, pour notre malheur, appelé dans l’infect édicule qui, dans notre cour de la gare, remplit l’office d’urinoir, et dont j’a voulu vous parler ! Pendant que nous y sommes signalons également les parages des rues perpendiculaires au faubourg d’Altkirch, la rue Louis-Pasteur par exemple, où, nous écrit-on, des tas de fumier et détritus divers s’amoncellent, empestant le voisinage. Le Commissaire du quartier habite à deux pas, et peut être pourrait-il prendre des mesures pour remettre en honneur les poubelles et les voitures chargées d’en avaler le contenu. Ce n’est pas une raison parce que nous sommes en France et en République pour que les mesures les plus élémentaires d’hygiène et de propreté soient délaissés de la sorte ! Ohé ! .. la Voirie ! Avez-vous entendu ?
Source 35:Presse, "Le journal de Mulhouse", 12 janvier 1920
 ROTHAU. - Curieux effets de l’inondation - Les dernières inondations ont été, on le sait, extrêmement violentes dans la vallée de la Bruche et les dégâts causés par elles sont très considérables puisque la circulation des trains a été interrompues pendant presque une semaine entière. Il se produisit dans les montagnes sous la poussée puissante des eaux un phénomène qui mérite d’être signalé et qui attira certainement sur place bon nombre de touristes. De temps immémoral il existant sur le « Katzenstein », à une altitude d’environ 700 mètres, une espèce d’encaissement facile à reconnaitre par les terrains humides et marécageux qui le composaient. Le tout état recouvert d’herbes aquatiques. Pendant les jours de pluies incessantes de fin décembre dernier, les eaux qui de longue date s’étaient infiltrées à travers les rochers et la terre argileuse, se frayèrent soudain un passage avec une puissance irrésistible, arrachant sur une largeur de 100 mètres et une profondeur de 15 mètres, rochers, terre, arbres et une couche épaisse de neige et les précipitant avec un fracas étourdissant dans la vallée. Pareille à une avalanche toute cette masse informe englobant d’énormes blocs de roche et des pins et des hêtres centenaires roula dans la rivière fortement accrue, où elle se disloqua. Le tout a été projeté sur un espace de 2 à 3 kilomètres. Depuis jaillit de cette endroit une source abondante.
Source 36:Presse, "Le journal de Mulhouse", 13 janvier 1920
 En Alsace et en Lorraine - Nouvelles inondations dans les vallées de la Thur et de la Doller. - La tempête qui depuis trois jours sévit sur l’Alsace et les pluies abondantes qui sont tombées sur notre région ont provoqué de nouvelles inondations de nos vallées déjà tant éprouvées. La Doller et la Thur, à peine calmées, sortent à nouveau de leur lit, plus furieusement encore que la première fois. La crue fut foudroyante. Les eaux montèrent à vue d’œil avec une extrême rapidité, et ne tardèrent pas à inonder les environs. À Thann. - Hier matin, la Thur a envahi soudainement tout le bas quartier où en quelques heures on côtait plus de 70 ces d’eau ! Toutes les caves sont à nouveau inondées, et, vu la rapidité avec laquelle l’ascension s’est faite, les dégâts ne laissent pas d’être très importants. Jusqu’à présent on ne signale pas d’accident de personne, mais les pertes matérielles sont considérables. Toutes communications par voie ferrée ont été momentanément suspendues. À Cernay. - Les trains ne peuvent plus dépasser la gare de Cernay, l’eau de la Thur ayant envahi les lignes. L’inondation fut foudroyante. Un pont de pierre entre Staffelfelden et Wittelsheim fut renversé par les flots furieux. À Reininge, - Tout le village a été inondé hier matin en quelques minutes. On dit, mais nous n’avons pu avoir confirmation officielle de ce bruit, qu’une plainte a été portée par le maire de la commune contre un individu qui aurait avec une grenade fait sauter une partie d’un remblai, frayant ainsi la route à l’inondation. Tout le long de la vallée de la Thur, les champs et les prés sont recouverts d’eau, et cette nouvelle inondation se elle se prolonge prendra vite l’extension d’un vrai désastre. Dans le courant de la journée on signalait à Thann et Cernay un commencement de décrue, mais avec la pluie qui tome incessamment, on peut craindre que cette amélioration ne soit que passagère.
Source 37:Presse, "Le journal de Mulhouse", 14 janvier 1920
 Wildenstein. - La crue de la Thur. - La Thur démesurément enflée fait encore parler d’elle, et malheureusement on n’en dit rien de bien… - Elle a rompu hier matin les digues d’un réservoir de 7.500 mètres cubes, envahissant par suite le tissage Kullmann et Cie. 150 ouvrières et ouvriers sont de ce fait réduits au chômage et comme les dégâts sont sérieux on estime que ce chômage durera un ou deux mois ! Remiremont. - La Moselle recommence. - À la suite des pluies nouvelles, la Moselle subit une nouvelle crue, qui ne laisse pas d’inquiéter sérieusement les habitants riverains.
Source 38:Presse, "Le journal de Mulhouse", 15 janvier 1920
 Ranspach. - La crue de la Lauch et de l’Ohmbach a recommencé avec rapidité, dimanche en de nombreuses localités du canton on signale de graves débordements, en certains endroits plus terribles même que la première fois. À Rouffach même, la rue de la gare et la rue de Westhalten ainsi que de nombreuses rues avoisinantes sont inondées, et caves et rez-de-chaussées parfois des maisons envahis. À Merxheim les communications sont interrompues entre le village et la gare. Geisthausen. - Les suites de la tempête et de l’inondation qui s’en suivit furent déplorables. Les dommages ne peuvent s’évaluer. Trois formidables avalanches de plus de 3000 mètres cubes se sont écrasées dans la vallée. Guebwiller. - La crue. - À Guebwiller, les eaux de la Lauch ont miné le talus du chemin de fer et l’ont fait s’effondrer en partie. La circulation est interrompue sur la ligne de Lautenbach. On signale dans tout le caton d’importants dégâts. Malmerspach. - Un noyé. - Lundi matin, deux habitants de la commune remarquaient, accroché à un arbuste sur les bords du ruisseau Pachelmatt, un corps qu’ils prirent tout d’abord pour le cadavre d’un animal domestique. Armés de perches ils réussirent à le dégager et retirent de l’eau le corps du nommé Gully Martin, disparu la veille. Munster. - Les inondations. - Dans la vallée de Munster la crue de la Fecht a causé des dégâts considérables aux prés qu’elle a complètement dépouillés de la terre arable. C’est la seconde fois cette année que l’eau envahit la vallée, ne laissant après elle que ruine et désolation. Strasbourg. - Une victime de la tempête. - Madame Gruen passait sur le Contades lorsqu’une grosse branche lui tomba subitement sur la tête. Transportée à l’hôpital avec une fracture du crâne, la malheureuse mourut dans la soirée de lundi.

1