DETAIL DE L'ARTICLE

Juillet 1933

Tableau 3

Echelle Janvier 1910 Déc. 1919 Janvier 1920 8 juillet 1933
Colmar (Ill) 5.00 4.56 4.48 1.20 (1.28 le 9)
Guémar (Fecht) 2.80 2.80 2.79 2.70 (crue de la Weiss)
Illhaeusern (Ill) 2.83 2.95 2.86 2.25
La Vancelle (Liépvrette) _ 2.45 _ 2.60
Sélestat (Giessen) 1.99 2.40 1.00 1.94
Kogenheim (Ill) 2.63 2.67 2.63 1.86
Cours d'eau:Fecht, Giessen, Ill, Liepvrette, Non classé
Date:Le 7 / 7 / 1933
Localités touchées:Mulhouse, Villé, Sélestat, Illzach, Fréland, Bergheim, Thannenkirch, Lièpvre, Sainte-Croix-aux-Mines, Sainte-Marie-aux-Mines, Aubure, Ribeauvillé, Rombach-le-Franc, Bennwihr, Sigolsheim, Mittelwihr, Kientzheim, Kaysersberg, Ammerschwihr, Le Bonhomme, Riquewihr, Châtenois, Scherwiller, La Vancelle
Causes:Fortes précipitations - Orages -
Conséquences:Dommages environnementaux - Dommages fonctionnels - Dommages matériels -
Source 1:LEHMANN Camille, "Chronique des inondations à Mulhouse (1470-1966)", dans Bulletin du Musée Historique de Mulhouse, n° 75, 1967.
 "L'année suivante, c'est-à-dire en 1933, nous nous rappelons qu'un orage d'été, d'une rare violence, s'est abattu dans l'après-midi sur Mulhouse et qu'une pluie diluvienne transforma, en un instant, trottoirs et chaussées en petits torrents. Dans L'EXPRESS du 8. 7. 1933, où nous avons trouvé trace de cet événement, nous avons relevé les quelques détails supplémentaires ci-après : « L'eau causa des dégâts dans des nombreuses caves et divers immeubles, notamment à la nouvelle gare, où l'intérieur de la salle des pas-perdus fut copieusement arrosé. Dans les environs de Bourtzwiller, à Illzach, les récoltes ont beaucoup souffert des rafales de pluies ; des rues et des maisons ont été inondées. A Illzach, près des établissements Becker, la foudre est tombée sur la ligne des tramways, interrompant la circulation durant 3/4 d'heure. Puis vers 19 heures, un rayon de soleil annonça la fin de cette brusque colère. »"
Source 2:Presse, "Dernières Nouvelles d'Alsace", 09 juillet 1933, cité dans DDT 67, Fluvial.IS, "Cartographie des zones inondables du Giessen et de la Lièpvrette selon l’approche hydromorphologique", Strasbourg, 3 mars 2011.
 Inondation en juillet 1933 due à un orage. A Sélestat, les prés dit "Sandmatten" sont inondés, ainsi que ceux le long de la voie ferrée Sélestat-Sainte-Marie. A Villé, l'eau a envahi les maisons basses, il y a environ 1.50 m d'eau dans les rues.
Source 3:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 98 AL 758.
 Lettre du Préfet du Haut-Rhin à Monsieur le Sous-secrétaire d’État à la Présidence du Conseil – Direction générale des Service d’Alsace et de Lorraine, 13 juillet 1933, Colmar : « Comme suite à mon rapport du 10 Juillet, relatif aux dégâts causés dans mon département par les orages du 7 juillet, j’ai l’honneur de vous rendre compte que j’ai fait pousser avec toute l’activité possible l’enquête technique destinée à faire ressortir l’étendue exacte des dégâts dans le différents domaines : grande voirie, voirie rurale, dommages agricoles et aux propriétés. Pour ce qui concerne la grande voirie, on travaille sans arrêt depuis samedi 8 Juillet à rétablir partout la circulation. On a travaillé le dimanche 9 et plusieurs nuits en divers endroits, et l’on travaillera encore demain 14 et dimanche 16 Juillet. Ce n’est toutefois que dans un mois, m’assure le service des Ponts et Chaussées, que toutes traces des dégâts auront disparues. À part la route de Bergheim à Thannenkirch, qui a été le plus gravement endommagée et dont la réfection exigera à elle seule une dépense de 300.000 frs., les dégâts ont surtout consisté en apports considérables sur la chaussée, en comblement de fossés, éboulement de talus, arrachement des bords de chaussée. La dépense pour ces différents travaux se monterait, d’après les chiffres approximatifs donnés par le service, à la somme de 700.000 frs. (les 300.000 frs. ci-dessus y compris) dont 250.000 frs. pour les routes nationales et 540.000 frs. pour les routes départementales et chemins d’intérêt commun. Il sera sans doute nécessaire d’envisager une subvention de l’État. Si les dégâts n’ont pas été plus graves que cette catégorie de routes, c’est grâce aux nombreux chemins à chaussée résistante (pavage) et des nombreux bitumages ou goudronnages. Le chemin de fer de Colmar à Lapoutroie, dont la circulation avait été interrompue samedi matin, fonctionne normalement depuis hier jusqu’à Fréland. Au-delà de Fréland il y a des éboulements importants de talus. Plus de 100 ouvriers travaillent au rétablissement de la circulation sur la voie. Les travaux sont donc poussés avec le maximum de célérité. (...) La voirie rurale enregistre des dégâts qui sont à l’heure actuelle incalculables. Il s’agir là d’un véritable désastre. Aussi la nécessité est-elle apparue, dès le début, de faire appel, pour leur réparation au moins sommaire, à la main-d’œuvre militaire. (...)Les dégâts agricoles et aux propriétés sont de loin les moins importants. La vigne en particulier a fort peu souffert. Des dommages réels ont, par contre, été causés dans la partie montagneuse, à Lièpvre, Ste.Croix a/Mines, Ste. Marie a/M, Fréland, où des éboulements considérables de terres et de rochers se sont produits, recouvrant des hectares entiers de prés et de champs. Les dispositions nécessaires ont été prises pour que, dans le cadre de la loi du 31 mars 1932, les évaluations de ces dégâts puissent se faire rapidement en vue de l’attribution, s’il y a lieu, des indemnisations prévues. »
Source 4:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 12.
 Étude de la crue du Giessen et de la Lièpvrette du 8 juillet 1933, par l’Ingénieur du Génie rural, 29 octobre 1936, Erstein : La présente note décrit le cas particulier d’une crue torrentielle d’été, due à un orage pluvieux exceptionnellement violent. (...) or, dans le cas présent, le désastre s’est produit en quelques heures, en pleine nuit (...) Ce sont les vallées de la Weiss, du Sembach, du Strengbach, du Bergenbach, ainsi que celles du Giessen et de ses affluents, qui ont eu le plus à souffrir : Vallée de la Weiss. Les dégâts ont été particulièrement importants pour les communes de Fréland, d’Alspach et de Kaysersberg. La voie du chemin de fer a été minée par les eaux et le trafic interrompu. Les plants de vigne ont été déterrés par les eaux et la terre végétale a été emportée. Vallée du Sembach : A Riquewihr, des torrents d’eau et de boue, provenant des débordements du Sondernach et du Sembach, ont inondé les rues, pénétrant dans les maisons et démolissant les chemins ruraux. Les eaux se sont frayé de larges passages dans la terre meuble des vignes, transformant les prés et les jardins en véritables lacs. Vallée du Strengbach : Les chemins ont été fortement endommagés par les pluies dans la vallée du Strengbach, en mont de Ribeauvillé. Vallée du Bergenbach (Observations de M.Stahl, ingénieur-géophysicien, photos J.Gunsett) : Le Bergenbach longe la route, qu’il traverse à deux reprises, au fond d’une vallée très étroite. Cette route venait d’être élargie et complètement refaite sur une grande partie de son parcours. Les photographies (photos 1n, 2, 3) représentent cette même route le lendemain de l’orage. Par places, les blocs de grès du soubassement avaient été arrachés et, sur une longueur d’environ 1.200 mètres, l’empierrement avait disparu. A certains endroits, le ruisseau s’était creusé un nouveau lit sur l’emplacement même de la route. A une cinquantaine de mètres du tournant visible sur la photographie N° 1 [manquante], il restait exactement 50 centimètres de largueur de la route. Sur une vingtaine de mètres de longueur et sur 3 mètres de profondeur, tout avait été enlevé par les eaux. Dans toute la vallée supérieure du Giessen, ainsi que le long de la Lièpvrette, entre Sainte-Marie-aux-Mines et Lièpvre, et dans toutes les vallées latérales, celle du petit Rombach, du grand Rombach, du Trimbach et de Saint-Blaise, les chemins ont été fortement endommagés, les ponts emportés et les voies ferrées coupées à plusieurs endroits. Des maisons ont été inondées ; dans certaines d’entre elles, l’eau a atteint une hauteur de 50 centimètres au rez-de-chaussée. Les jardins ont été labourés par les eaux jusqu’à une profondeur de 25 à 75 centimètres et les plantes entraînées par le courant. Une vingtaine de stères de bois de chauffage, se trouvant devant une usine, ont été enlevés par les eaux. Beaucoup de menu bétail, volaille et lapins, a péri en de nombreux endroits. A Sainte-Croix-aux-Mines, l’aspect, après l’orage, a été le même qu’à Lièpvre : maisons inondées, bétail enlevé, etc. Au milieu du chantier d’une scierie, un torrent s’était formé, entraînant les troncs d’arbres. Un pont en ciment armé avait totalement disparu. Dans la vallée du Grand-Rombach, à environ 500 mètres au-dessus de Sainte-Croix-aux-Mines, une grange a été renversée par un éboulement de terrain. D’autres éboulements, dont les photographies ci-jointes [manquantes] montrent l’importance, se sont également produits sur les flancs du Taennchel (photos 4 ;5) [manquantes]. A La Vancelle, de nombreux arbres ont été déracinés. Un petit hangar en bois a été changé de place par le courant. Il y a également eu des inondations dans le Val-de-Villé. Dans une annexe de Châtenois, à Zollhaus, les habitants n’ont pu sauver leur bétail qu’avec grand’peine. A Villé, l’eau a atteint une hauteur de 1m.50 dans les rues, et le courant a emporté de nombreux objets [Manque : annexe à la note J.Roess – photos J.Gunsett. N°s 1 à 3 : route de Bergheim à Thannenkirch après l’orage ; N°s 4 et 5 : éboulement de terrain sur les flancs du Taennchel ; N°s 6 : lit d’un torrent temporaire. Autres photos communiquées par J.Roess. 1°) Entonnoirs de torrents temporaires près des crêtes du Taennichel. 2°) Couloirs (lavines) de torrents temporaires sur les pentes abruptes. 3°) Erosion de route par le ruisseau de Bergenbach]. (...) La plaine n’a pas eu à souffrir énormément de cet orage : les inondations se sont produites dans la région de Sélestat par suite de la crue rapide du Giessen, l’herbe fauchée a été entraînée par le les eaux, mais en dehors de cela, les dégâts ont été insignifiants. Ajoutons quelques observations personnelles : en amont de Kaysersberg (vallée de la Weiss), la voie de chemin de fer qui longe la route nationale avait été minée latéralement par les eaux de la Weiss, et les rails, portant leurs traverses, surplombaient des excavations d’un à deux mètrtes de profondeur ; la route nationale, par contre, était traversée de part en part, en de nombreux points, par des remblaiements, sur la crête desquels bouillonnaient de petits torrents temporaires qui gagnaient ainsi la rivière. Dans la valée de la Lièpvrette, sur les flancs Nord des hauteurs du Taennchel, notamment au Sud-Est de Ste Croix-aux-Mines, des entonnoirs torrentiels s’étaient constitués en forêt, au-dessus de l’altitude de 800 m. ; les couloirs ou lavines descendant de ces entonnoirs avec une pente considérable ont creusé des ravins ayant jusqu’à trois ou quatre mètres de profondeur, entraînant les arbres, les pierres et les rochers ; c’est ainsi que près du Spitzenberg, un captage de source récemment construit, en maçonnerie, avec porte d’entrée, a disparu, on n’y voit plus, dans le roc mis à nu, qu’un fragment du tuyau de vidange scellé au mortier de ciment. Les photos N°s 4, 5 et 6 ci-dessus donnent très bien une idée de la situation des lieux, à condition de remarquer que la photo N° 6 est une vue plongeante à très forte pente vers le fond de la vallée. Divers captages de Lièpvre et des tuyaux d’adduction ont également été arrachés à cet endroit vers la cote 500. En résumé, il y a eu surtout des dégâts dans les thalwegs secondaires, à pente élevée, ou au débouché de ces thalwegs. Ces dégâts, importants surtout par les chemins ruraux, ont été estimés 740.000 fr. pour la vallée de la Weiss (Kaysersberg) et à 1.460.000 fr pour la vallée de la Lièpvrette (Ste Marie-aux-Mines). (...) Nous avons pu faire établir à l’Institut de Physique du Globe de Strasbourg les trois cartes d’orage ci-contre [manuantes] qui montrent que les trois principaux orages de l’après-midi du 7 juillet et de la nuit du 7 au 8 juillet ont pris en travers la vallée de la Weiss et descendu la vallée de la Lièpvrette. Mais les grandes précipitations qui ont causé tous les désastres paraissent s’être produites tout au début du troisième orage sans grand déplacement de cet orage. Les renseignements recueillis un peu partout, notamment à Lièpvre et à Ste. Marie-aux-Mines, concordent pour déclarer que la grande pluie torrentielle a duré environ une heure, le 7 juillet, de onze heures du soir à minuit et qu’il avait plu un peu auparavant, et qu’il a encore plu notamment le reste de la nuit. . Nous avons cherché, d’un autre côté, à avoir des précisions sur les crues en intérrogeant les habitants et en répérant au minimum les plus hauts niveaux atteints, mais nous n’avons pu le faire que pour le Petit-Rombach, la Lièpvrette et le Giessen. Les marques effectuées nous ont permis ultérieurement par nivellement et par calcul hydraulique de déterminer les débits correspondant au niveau maximum des eaux. Les résultats sont les suivants : Petit-Rombach, au pont de la route de Lièpvre à Ste. Marie-aux-Mines 35 à 40 m3/sec pour un bassin versant d’une superficie voisine de 10 km² soit 3.5 à 4 m3 par seconde et par kilomètre carré. Ce débit unitaire est le même que celui qui a été signalé le 11 août 1925 pour la Vliava (Moldau) en Bohême avec des précipitations atteignant 132 millimètres. Lièpvrette, au pont de la route de Châtenois à Villé, à 700 mètres en amont de son confluent avec le Giessen : environ 90 m3/sec. pour un bassin-versant de 136 km² au total, mais limité à environ 115 km², parce que la Liépvrette n’a pas eu du tout la crue en amont de Ste. Marie-aux-Mines, soit 0.780 m3/sec/km². Giessen, au pont de la route Nationale de Strasbourg à Colmar, à 6 kilomètres environ en aval du confluent de la Liépvrette et à 5 kilomètres en amont de son confluent avec l’Ill : environ 100 m3/sec. pour un bassin versant de 282 km² au total, limité à environ 260 km² arrosés, soit 0.380 m3/sec/km². Ces chiffres ont été calculés à l’aide de la formule de Ganguillet et Kutter ; le coefficient adopté a été vérifié par une mesure de débit du Giessen à l’aide d’un moulinet Ott (49 m3/sec le 6 février 1935 pour une cote de +1.19 à l’échelle de Sélestat). A Ste. Marie-aux-Mines, la Liépvrette n’a pas eu de crue en amont de l’agglomération. La crue a atteint son niveau maximum à Lièpvre vers 1 heure du matin le samedi 8 juillet 1933 ; à l’échelle de la Vancelle, il a atteint la cote +2m,60 vers deux heures du matin ; le débordement sur les prés de l’Hôpital de Sélestat, voisins de cette échelle a commencé à partir de la cote +2m,00 ; le niveau d’étiage est de 0m,40 à 0m,50 suivant l’importance des bancs de graviers charriés ; le maximum connu est de +2.64 le 27 décembre 1889, mais le niveau de la crue du 8 juillet 1933 a été augmenté par l’abondance des buissons feuillus sur les talus des digues, il en a été tenu compte dans l’évaluation du débit. Le niveau du Giessen à l’échelle de Sélestat a atteint +1m,94 vers 6 heures du matin ; le débordement sur les prés du Riedwasen et d’Auf dem Bruch situés sur la rive gauche, en aval de la section endiguée, a commencé à partir de la cote +1m,50 ; la cote zéro correspond au niveau à partir duquel le Giessen ne coule plus et s’assèche. Il semble que la crue de la Liépvrette est arrivée au confluent avant l’arrivée du maximum de la crue du Giessen de Villé ; d’ailleurs en amont de ce confluent, le Giessen n’a pas eu une crue de caractère exceptionnel. . Nous avons cherché, d’un autre côté, à avoir des précisions sur les crues en intérrogeant les habitants et en répérant au minimum les plus hauts niveaux atteints, mais nous n’avons pu le faire que pour le Petit-Rombach, la Lièpvrette et le Giessen. Les marques effectuées nous ont permis ultérieurement par nivellement et par calcul hydraulique de déterminer les débits correspondant au niveau maximum des eaux. Les résultats sont les suivants : Petit-Rombach, au pont de la route de Lièpvre à Ste. Marie-aux-Mines 35 à 40 m3/sec pour un bassin versant d’une superficie voisine de 10 km² soit 3.5 à 4 m3 par seconde et par kilomètre carré. Ce débit unitaire est le même que celui qui a été signalé le 11 août 1925 pour la Vliava (Moldau) en Bohême avec des précipitations atteignant 132 millimètres. Lièpvrette, au pont de la route de Châtenois à Villé, à 700 mètres en amont de son confluent avec le Giessen : environ 90 m3/sec. pour un bassin-versant de 136 km² au total, mais limité à environ 115 km², parce que la Liépvrette n’a pas eu du tout la crue en amont de Ste. Marie-aux-Mines, soit 0.780 m3/sec/km². Giessen, au pont de la route Nationale de Strasbourg à Colmar, à 6 kilomètres environ en aval du confluent de la Liépvrette et à 5 kilomètres en amont de son confluent avec l’Ill : environ 100 m3/sec. pour un bassin versant de 282 km² au total, limité à environ 260 km² arrosés, soit 0.380 m3/sec/km². Ces chiffres ont été calculés à l’aide de la formule de Ganguillet et Kutter ; le coefficient adopté a été vérifié par une mesure de débit du Giessen à l’aide d’un moulinet Ott (49 m3/sec le 6 février 1935 pour une cote de +1.19 à l’échelle de Sélestat). A Ste. Marie-aux-Mines, la Liépvrette n’a pas eu de crue en amont de l’agglomération. La crue a atteint son niveau maximum à Lièpvre vers 1 heure du matin le samedi 8 juillet 1933 ; à l’échelle de la Vancelle, il a atteint la cote +2m,60 vers deux heures du matin ; le débordement sur les prés de l’Hôpital de Sélestat, voisins de cette échelle a commencé à partir de la cote +2m,00 ; le niveau d’étiage est de 0m,40 à 0m,50 suivant l’importance des bancs de graviers charriés ; le maximum connu est de +2.64 le 27 décembre 1889, mais le niveau de la crue du 8 juillet 1933 a été augmenté par l’abondance des buissons feuillus sur les talus des digues, il en a été tenu compte dans l’évaluation du débit. Le niveau du Giessen à l’échelle de Sélestat a atteint +1m,94 vers 6 heures du matin ; le débordement sur les prés du Riedwasen et d’Auf dem Bruch situés sur la rive gauche, en aval de la section endiguée, a commencé à partir de la cote +1m,50 ; la cote zéro correspond au niveau à partir duquel le Giessen ne coule plus et s’assèche. Il semble que la crue de la Liépvrette est arrivée au confluent avant l’arrivée du maximum de la crue du Giessen de Villé ; d’ailleurs en amont de ce confluent, le Giessen n’a pas eu une crue de caractère exceptionnel. (...) ». Cf. Tableau 3 ci-dessus.
Source 5:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 98 AL 758.
 Rapport du Commissaire de police de Sainte-Marie-aux-Mines relatif à l’orage du 7 juillet 1933, 8 juillet 1933, Sainte-Marie-aux-Mines : « J’ai l’honneur de vous rendre compte qu’un orage, qui s’est abattu sur la Ville et ses environs hier soir de 19 heures à 20 heures, a repris une telle violence vers 23 heures que les ruisseaux du « Fenarupt » et de « Fertrupt », qui se jettent dans la Liepvrette, se sont subitement transformés en torrents, ont débordé et ont causé d’assez grands dégâts sur leur parcours et principalement dans le bas de la ville qui a été complétement inondé. Le ruisseau du « Fenarupt », qui se trouve dans le haut de la ville, est, à partir de l’endroit où il est canalisé en souterrain, sorti de son lit par suite de l’obstruction de la canalisation et a complètement submergé la rue Clémenceau dans laquelle il a roulé ses masses d’eau jusque dans le bas de la ville, inondant un certain nombre de caves se trouvant sur son passage. En cours de route il a été grossi par des masses d’eau descendant en torrents de la montagne par la Haute rue, la Bellevue et le chemin de la Croix de Mission et dégradant les dites rues. Dans le bas de la ville, le ruisseau de « Fertrupt » est également sorti de son lit près de la vanne de l’Usine HAFFNER, à l’entrée de la canalisation servant à le faire passer en-dessous de la voie ferrée et a submergé toutes les voies ferrées de la gare presque à fleur des quais pour déborder ensuite au-delà de la gare dans la rue Jean Jaurès qui se trouve en contre-bas. Ce ruisseau a complètement inondé la rue Jean-Jaurès et les caves de ce quartier et l’eau s’est ensuite dirigée à travers les rues des maisons ouvrières de la Cité BLECH vers la Lièpvrette en dégradant complètement les rues traversées. Différents éboulements de terre ont également eu lieu sur le parcours des deux ruisseaux précités. D’un autre côté la Lièpvrette qui traverse la ville dans toute sa longueur, a causé également différents dégâts en enlevant des murs de rive bâtis dans son lit. Elle a notamment détruit une partie du mur de l’Asile des Vieillards, enlevant en même temps un poulailler avec 48 poules et un clapier avec 40 lapins situés en bordure de la rivière. La ligne de Chemin de fer de Sélestat à Ste-Marie-aux-Mines a été en partie détériorée sur le parcours entre Lièpvre et Ste-croix-aux-Mines et le trafic est complètement interrompu entre Lièpvre et Ste-Marie-aux-Mines. Le train de Sélestat vient jusqu’à Lièpvre et un service d’autobus assure la correspondance avec Ste-Croix-aux-Mines et Ste-Marie-aux-Mines. Les dégâts qui ne sont que d’ordre matériel (détérioration de rues, chemins forestiers, jardins, etc. et inondations de caves) ne peuvent encore être évalués. Aucun accident de personnes n’est à signaler jusqu’à présente. Les pompiers qui ont été alertés de suite, et les ouvriers de la ville sont activement occupés à prendre toutes les mesures de protection nécessaires. »
Source 6:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 98 AL 758.
 Lettre du Préfet du Haut-Rhin à Monsieur le Sous-Secrétaire d’État à la Préfecture du Conseil, 10 juillet 1933, Colmar : Lettre du Préfet du Haut-Rhin à Monsieur le Sous-Secrétaire d’État à la Préfecture du Conseil, 10 juillet 1933, Colmar : « Ainsi qu’a eu l’honneur de vous en rendre compte verbalement, le Directeur de mon Cabinet, des orages d’une violence exceptionnelle se sont abattus sur une grande partie du département du Haut-Rhin dans la soirée du 7 au 8 juillet. L’arrondissement le plus éprouvé est celui de RIBEAUVILLE. Des dégâts matériels extrêmement importants, ainsi que de sérieuses perturbations y ont été causés par des masses d ‘eau considérables provenant à la fois des eaux pluviales, des débordements des rivières et des sources nouvelles jaillissant un peu partout des fissures du sol. A Ste.Marie a/Mines : Tout le quartier de la gare a été envahi par l’eau. La plupart des caves sont inondées. A Ste.croix a/mines : L’eau et la terre ont pénétré dans la plupart des logements. Les routes sont encombrées de pierres et de terre descendues de la montagne. La récolte est partiellement détruite et du bétail a péri. Les chemins communaux sont ravins. Lièpvre, est la commune la plus éprouvée du canton de Ste.Marie a/Mines. La Liepvrette a débordé et l’eau descendant en torrents des deux versants de la montagne a pénétré dans presque toutes les maisons. La conduite d’eau, récemment terminée, est mise à nu et inutilisable. Les champs et les prés sont submergés. Les foins qui n’étaient pas encore engrangés ont été emportés par les eaux. A Musloch, hameau de Lièpvre, une maison s’est effondrée. La route nationale de Ste.Marie a/Mines à Sélestat est encombrée de débris charriés par les eaux et entre Lièpvre et Ste.Croix-aux-Mines, elle est elle-même sous eau en plusieurs endroits. La voie du chemin de fer est obstruée et minée. Le trafic des voyageurs est assuré sur ce parcours par un service d’autocars. A Rombach-le-Franc et dans les hameaux environnants il s’est produit d’importants glissements de terrain. A Aubure tous les chemins communaux sont impraticables. La circulation a été interrompue pendant 48 heures sur la route d’Aubure à Ribeauvillé. A Bennwihr, Sigolsheim, Mittelwihr et surtout Kientzheim, tous les chemins et sentiers communaux, constituant presque tous des chemins d’accès aux vignes, sont entièrement défoncés. A Kaysersberg même situation que ci-dessus. Le maire évalue les dégâts aux chemins communaux à 500.000 frs. La circulation entre cette ville et Lapoutroie a été interrompue pendant toute la journée du 8 juillet par les blocs de pierres et les masses de terre amenés par les eaux. La conduite d’eau est détériorée. Les chantiers des Établissements Weibel sont inondés et ont subi d’importants dommages du fait de l’enlèvement par les eaux, de matériaux et de pâte à papier. Plusieurs machines sont arrêtées. La voie du chemin de fer de la Vallée de Kaysersberg est minée et le trafic est interrompu pour quelques jours. De larges masses d’eau traversent encore la route. A Ammerschwihr les dégâts dans le vignoble sont importants, un mur s’est effondré. Entre Labaroche et Ammerschwihr la circulation est interrompue. A Fréland la situation est grave. Le courant a emporté des prés entiers et mis à nu le rocher. Des éboulements de terre sont encore à redouter. De nombreux arbres dans la forêt ont été arrachés. Des sources nouvelles pont surgi de terre et l’eau coule abondamment de partout. La route de Fréland à Kaysersberg est coupée. Le Bonhomme a été isolé pendant toute la journée de dimanche. A Thannenkirch également, les dégâts sont particulièrement importants. Les torrents formés par l’orage et les eaux sorties des fissures du sol, ont dévasté les terrains et les champs. Les prés situés dans les fonds, sont recouverts d’une épaisse couche de limon. La récolte ne semble pas pouvoir être rentrée du fait de l’impraticabilité des chemins ruraux dont le revêtement a été arraché, parfois sur une profondeur de 80 centimètres. La route de Thannenkirch à Bergheim est impraticable. Sur une distance de 1 kilomètre, le sol a cédé sur les deux côtés, ne laissant intact qu’une bande centrale de 2 m/ e large. A d’autres endroits, la route découvre le rocher. Il ne semble pas qu’elle puisse être rendue à la circulation avant quelques jours. A Ribeauvillé, le hameau des Verreries a beaucoup souffert. Les chemins creux sont transformés en lits de torrents. Les prés et les champs sont crevassés à e nombreux endroits. Les maisons ont été inondées. A Riquewihr le Sembach a débordé et a inondé les caves de plusieurs maisons de la localité. Tous les chemins ruraux sont défoncés, certains sur une profondeur d’1m50. En résumé, les routes, chemins communaux et sentiers forestiers de toutes les communes, à l’exception de celles de la plaine, ont énormément souffert. Beaucoup d’entre eux ne sont plus réparables ou ne le seront pas avant plusieurs années. Les blés, les vignes, les pommes de terre et les foins, à beaucoup d’endroits, sont entièrement détruits. De nombreux prés situés dans les fonds sont transformés en lacs ou recouverts de pierres et de sable. Ailleurs, à flanc de coteau et dans la montagne, la terre labourable n’existe plus ; la couche rocheuse est découverte. Dans le vignoble, les dégâts sont de deux ordres. Les uns directs, là où la vigne a été arrachée. Les autres indirects ; en effet l’impraticabilité, et pour longtemps, des chemins d’accès, empêchera le viticulteur de donner à la vigne les soins qu’elle exige pendant l’actuelle période de sulfatage de sorte que la vendange, cette année, dans la région sinistrée, risque d’être compromise. Les communes les plus éprouvées dans ce coin du département sont, dans l’ordre d’importance des dégâts (surtout dégâts intéressant la voirie) : Lièpvre, Thannenkirch, Fréland, Ste.Croix a/Mines, Rombach-le-Franc, Kientzheim, Kaysersberg et Riquewihr. (...) ».
Source 7:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 148 AL 77.
 Liste des repères de crue sur la Liepvrette et le Giessen, dressée par le „Wiesenbaumeister“, 22 août 1940, Sélestat. Cf. Tableau 1.
Source 8:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 148 AL 77.
 Liste des repères de crue sur le Giessen, 29 janvier 1942, Sélestat. Cf. Tableau 2.

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