EVENEMENTS

DETAIL DE L'ARTICLE

Décembre 1919 (Suite)

Cours d'eau:Bruche, Doller, Fecht, Giessen, Ill, Lauch, Liepvrette, Moder, Non classé, Rhin, Sauer, Thur, Zorn
Date:Le 21 / 12 / 1919
Localités touchées:Oberentzen, Sainte-Croix-en-Plaine, Horbourg-Wihr, Lauw, Sentheim, Bourbach-le-Bas, Pulversheim, Bollwiller, Turckheim, Bennwihr, Sigolsheim, Munster, Lauterbourg, Neuhaeusel, Erstein, Andolsheim, Strasbourg, Wolxheim, Illhaeusern, Kogenheim, Sélestat, Ebersmunster, Sundhouse, Heidolsheim, Müttersholz, Artolsheim, Ingersheim, Sondernach, Mittlach, Soultzbach-les-bains, Luttenbach-prés-Munster, Metzeral, Breitenbach-Haut-Rhin, Schirmeck, Urmatt, Villé, Wisches, Staffelfelden, Waltenheim-sur-Zorn, Molsheim, La Broque, Holtzheim, Gunsbach, Manom, Thionville, Cattenom, Basse-Ham, Gavisse, Rettel, Malling, Contz-les-Bains, Sierck-les-Bains, Ancy-sur-Moselle, Marly, Magny, Dieuze, Mulcey, Marsal, Moyenvic, Vic-sur-Seille, Russ, Heiligenberg, Dinsheim-sur-Bruche, Dachsein, Fouchy, Urbeis, Triembach-au-Val, Neuve-Eglise, Netzenbach, Rathsamhausen, Grandfontaine, Lalaye, Noirceaux, Sainte-Croix-aux-Mines, Rothau, Mutzig, Ergersheim, Ernolsheim-Bruche, Fegersheim, Ostwald, Osthouse, Gerstheim, Plobsheim, Jebsheim, Ingersheim, Ostheim, Scherwiller, Huningue, Mommenheim, Lièpvre, Kirchberg, Wegscheid, Metz, Roupeldange, Eblange, Freistroff, Rémelfang, Bettange, Gomelange, Sarralbe, Viberswiller, Altwiller, Schalbach
Causes:Fonte des neiges / redoux -
Conséquences:Dommages environnementaux - Dommages fonctionnels - Dommages humains - Dommages matériels -
Source 1:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 16.
 Télégramme, Fernverkehr der Wasserbauverwaltung, 24 décembre 1919 : « Direction générale des eaux et forêts Strasbourg. Huningue, Rhin hier 221 cm aujourd’hui 426 cm monte rapidement ».
Source 2:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 16.
 Télégramme, Fernverkehr der Wasserbauverwaltung, 28 décembre 1919 : « Huningue, Rhin maximum 457 cm aujourd’hui 266 cm baisse ».
Source 3:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 16.
 Lettre de l’Ingénieur des Améliorations à l’Ingénieur en Chef des Améliorations à Strasbourg, 28 décembre 1919, Colmar : « Comme suite à ma lettre du 26 crt. Concernant les grandes crues occasionnées par la fonte subite de la neige dans les Vosges, j’ai l’honneur de vous rapporter que j’ai constaté hier l’écroulement du pont sur la Thur sur la route départementale entre Pulversheim et Bollwiller ainsi que du pont sur la Doller dans le chemin rural entre Sentheim et Bourbach-le-Bas. La culée gauche d’un pont en bois sur la Doller entre Kirchberg et Wegscheid s’est écroulé également. Les grandes crues de la Lauch, Thur et Doller ont causé beaucoup de dégâts aux prés. Le lit des cours d’eau s’est déplacé à différentes places. Dans les vallées de l’Ill et de la Largue il n’y a pas à constater de dégâts importants jusqu’à présent. »
Source 4:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 16.
 Tableau de relevé des hauteurs d’eau lors des inondations de mars-avril 1895, mars 1896, février 1897, janvier 1899, février 1904, janvier 1910, décembre 1919, janvier 1920, 9 février 1920 : Cf. Tableau 9 ci-dessus.
Source 5:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 16.
 Rapport du Directeur de la Navigation relatif aux dégâts causés par les crues sur le domaine public fluvial, 29 décembre 1919, Strasbourg : « Les crues, actuellement en voie de décroissance, sont dûes principalement à la brusque fusion des neiges dans les Vosges et la Forêt-Noire. La crue de l’Ill a été exceptionnelle ; la crue du Rhin, moyenne en amont de Strasbourg, s’est renforcée en aval de l’apport des affluents (Kinsig, Ill, Moder, Sauer, Murg), et a atteint un niveau exceptionnel à Lauterbourg. (La cote atteinte le 26 Décembre à Lauterbourg, soit +7m,75, n’avait pas été observée depuis 1882). Dans l’ensemble, les digues ont bien tenu ; le service de la « Garde des Hautes-eaux », (Hochwasserwehr) (Cette garde est constituée par les villages riverains, dont les habitants sont groupés à l’avance en sections, sous le commandement d’un Chef de section. La garde est alertée par l’Ingénieur) a partout bien fonctionné. En un seul point, à Neuhausel, (4 km Nord de Fort-Louis, 40 km Nord de Strasbourg), la digue a commencé à s’ébouler par suite d’infiltration sous la direction du Conducteur, la Garde a maintenu la digue au moyen des approvisionnements de pierres et de fascines constitués à cet effet. Bien entendu, il va falloir reconstituer la digue, en renforçant son profil a cet endroit. (C’est un point critique, où la digue traverse un ancien bras du Rhin). D’un autre côté, près de Krafft, (17km Sud de Strasbourg), la digue du canal du Rhône-au-Rhin a été rompue par les flots de l’Ill, débordant hors du canal de décharge. Pour rétablir la navigation, il faudra simultanément rétablir la digue et draguer le canal. Il semble que le travail pourra être achevé en une semaine. Il est difficile de préciser dès maintenant le montant de ces deux réparations (digue du Rhin à Neuhausel et digue du canal de Krafft). L’ordre de grandeur sera d’environ 50.000 fcs pour l’ensemble. L’objet du présent rapport est de rendre compte de la situation. Les travaux vont être poursuivis sans désemparer. La question des crédits fera l’objet d’un examen ultérieur. »
Source 6:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 16.
 Minute sur les inondations de décembre 1919 émanant de la Direction générale des Eaux et Forêts et de l’Agriculture, Service des améliorations agricoles : « La brusque fonte des neiges, survenue du 20 au 23 décembre dernier et coincidant avec une période de pluies abondantes, a provoqué dans l’Est de la France des inondations d’une exceptionnelle gravité. Pour l’Ill et pour la plupart de ses affluents venant des Vosges, le niveau atteint par les eaux a été sensiblement supérieur à tous ceux qui avaient été enregistrés, depuis l’époque où des observations précises sont effectuées. La crue de 1919 dépasse notamment en importance celle de 1910 qui dépassait elle-même celles de 1899 et de 1896. C’est ainsi que le niveau de la Bruche s’élevait, le 25 décembre dernier, à l’échelle de Wolxheim, à 3m28, au lieu de 3m seulement en 1910. Le Giessen, grossi de la Liépvrette, atteignait à la même date, au pont de Schlestadt, une cote qui n’avait pas été enregistrée depuis un siècle. Pour l’Ill, l’échelle installée à Illhäusern, immédiatement en aval du confluent de la Fecht, indiquait, le 25 décembre, 2m95, contre 2m83 seulement en 1910. A l’échelle principale de l’Ill, à Kogenheim, on constatait une hauteur de 2m 67 tandis qu’en 1910 le maximum était de 2m 63. Ces différences pourraient paraître peu importantes ; mais il importe de bien faire observer que, pour les cotes indiquées ci-dessus, les rivières ayant quitté leur lit couvrent des étendues de terrains considérables et que, par suite, à une montée de l’eau de quelques centimètres correspond une augmentation énorme du débit. En amont d’Erstein, le débit de l’Ill pouvait être évalué, dans la nuit du 25 au 26 décembre, à 550 mètres cubes à la seconde. Pour donner une idée de ce que représente cette masse d’eau il suffit de rappeler que le débit moyen du Rhin, à Strasbourg, est d’environ 1 000 mètres cubes. Aux basses eaux, le débit de ce fleuve est de 400 mètres cubes et descend même, pour de courtes durées, à 300 mètres cubes à la seconde. La région de Strasbourg a été heureusement protégée contre les crues de l’Ill grâce à la construction d’un canal de décharge dont le projt avait été dressé avant 1870 par les soins de l’administration française et qui fut exécuté seulement en 1891. Ce canal a son origine sur l’Ill, à 1 kilomètre en amont d’Erstein ; il aboutit au Rhin dans la région de Plobsheim. Lors de la dernière crue, on a pû dévier vers le Rhin par ce canal de décharge une quantité d’eau atteignant aux heures les plus critiques 520 mètres cubes à la seconde, soit environ 94%, du débit total de l’Ill à l’époque considérée. Cette quantité, légèrement supérieure à celle qui fut évacuée en 1910, correspond à la capacité maximum du canal. Pendant toute la durée de la crue, il fut possible de ne diriger vers la portion de l’Ill située en aval d’Erstein, c’est-à-dire vers Strasbourg, que 30 mètres cubes à la seconde, (80mc en 1910). En conséquence, les hautes eaux qui ont été constatées à Strasbourg à partir du 24 décembre sont presque exclusivement le fait de la Bruche, car l’Ill en aval d’Erstein ne reçoit comme affluents notables que l’Ehn et l’Andlau dont le débit est relativement très faible. On peut imaginer facilement les conséquences désastreuses qu’auraient eues les dernières inondation si aux eaux de la bruche était venus s’ajouter, comme autrefois, la presque totalité des eaux de l’Ill, au lieu d’une fraction de celle-ci inférieure à 6 % Il n’est pas douteux que le niveau constaté en 1882 aurait été considérablement dépassé ; des quartiers entiers de la ville et des localités voisines auraient été complètement submergées et les dégâts auraient représenté des sommes incomparablement supérieures aux pertes actuellement signalées. (...) ). L’Administration française se propose d’entreprendre ce travail dans le plus bref délai. Les digues et les différentes ouvrages du canal de décharge ont très bien résisté. Il y a lieu de noter d’ailleurs qu’à la suite des observations et des expériences faites lors de la crue de Janvier 1910, les digues avaient été surélevées et renforcées ; en outre, pour faciliter l’écoulement des eaux, un nouveau débouché avait été créé dans la digue principale du Rhin, près du barrage de Plobsheim. Par mesure de précaution et bien qu’une crue plus importante que celle de 1919 soit extrèmement peu probable, le canal d’Erstein sera encore prochainement amélioré par l’exhaussement et le renforcement des digues en plusieurs points. En ce qui concerne le Rhin, la crue, moyenne en amont de Strasbourg, s’est renforcées, en aval, de l’apport des affluents : Kinzig, Ill, Moder, Sauer, Murg, et a atteint un niveau exceptionnel à Lauterbourg. La cote atteinte le 26 décembre au voisinage (...) localité, soit 7m.75 ni avait pas été observée depuis 1882. Dans l’ensemble les digues ont bien tenu. Par un seul point, à Neuhausel (4km Nord de Fort-Louis, 40 km Nord de Strasbourg) la digue a commencé à s’ébouler par suite d’infiltrations ; sous la direction du Conducteur, la « Garde des Hautes-Eaux » (Hochwasserwehr) a maintenu la digue au moyen des approvisionnements en pierres et en fascines constitués à cet effet. Les travaux de réparation seront entrepris incessamment ».
Source 7:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 16.
 Rapport de l’Ingénieur des Améliorations au Préfet du Haut-Rhin relatif à la réparation des dégâts causés par les grandes crues, 6 janvier 1920 (?), Colmar : « (...) ad chiffre 1° : Comme il a été constaté les bords et les digues de l’Ill sont fortement endommagés à quelques places entre Oberentzen et Horbourg de sorte que la réfection des dégâts est de première urgence. Entre autre j’ai à noter l’endommagement de la rive droite près d’Andolsheim et des deux rives entre le pont en fer près de Horbourg et l’affluent du canal de la Lauch. Ad chiffre 2° Pour l’exécution des travaux susmentionnés je pourrais employer 30 ouvrier chômeurs. Ad chiffre 3° Pour l’achat du bois de fascinage, de fil de fer galvanisé et pour le transport des matériaux un crédit de 15 000 frcs. est jugé nécessaire. Les ouvriers chômeurs peuvent être occupés en attendant 2 mois. En ce qui concerne la réparation des dégâts causés par les grandes crues de la Fecht entre Türckheim et Bennwihr un rapport détaillé va suivre. A titre d’information comme suite à mon rapport du 2 crt. N°7 A. En ce qui concerne l’endommagement de la rive droite de l’Ill près d’Andolsheim j’ai à remarquer que le projet spécial pour l’exécution de ces travaux était joint à mon rapport du 12 Septembre 1919 N° 3378 à Monsieur le Préfet du Haut-Rhin. Ce rapport avait pour objet le budget du Syndicat fluvial de l’Ill, IIIième Section, pour l’exercice 1919. Le dossier ne m’est pas encore parvenu jusqu’à présent. »
Source 8:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 16.
 Rapport de l’Ingénieur des Améliorations au Préfet du Haut-Rhin relatif à la réparation des dégâts causés par les grandes crues, 6 janvier 1920 (?), Colmar : « (...) ad chiffre 1° : Comme il a été constaté les bords et les digues de l’Ill sont fortement endommagés à quelques places entre Oberentzen et Horbourg de sorte que la réfection des dégâts est de première urgence. Entre autre j’ai à noter l’endommagement de la rive droite près d’Andolsheim et des deux rives entre le pont en fer près de Horbourg et l’affluent du canal de la Lauch. (...) En ce qui concerne la réparation des dégâts causés par les grandes crues de la Fecht entre Türckheim et Bennwihr un rapport détaillé va suivre. A titre d’information comme suite à mon rapport du 2 crt. N°7 A. En ce qui concerne l’endommagement de la rive droite de l’Ill près d’Andolsheim j’ai à remarquer que le projet spécial pour l’exécution de ces travaux était joint à mon rapport du 12 Septembre 1919 N° 3378 à Monsieur le Préfet du Haut-Rhin. (...) »
Source 9:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 16.
 Lettre de l’Ingénieur des Améliorations à Sarreguemines à l’Ingénieur en chef des Améliorations à Strasbourg, relative aux crues de décembre 1919, 5 janvier 1920 : « Ordre du 27 décembre 1919. Par rapport aux crues des derniers jours, j’ai l’honneur de vous communiquer que d’après les renseignements, que j’ai pu avoir, les crues ont atteint à peu près la hauteur comme en 1882. Depuis cette année l’eau n’a plus atteint cette hauteur. La crue arrêta généralement son ascension au cours du 24 décembre 1919. Dans les lieux riverains des cours d’eau de ma circonscription des maisons et des rues entières ont été inondées. Le bassin de la Sarre dont les affluents, dont les affluents sont les cours d’eau les plus importants de ma circonscription a, comme il parait, le plus souffert ? le refoulement des eaux près de l’embouchure de ces affluents dans la Sarre gonflée a été bien nuisible. Sarralbe et son annexe Salzbronn à l’embouchure de la Rose dans l’Albe et de l’Albe dans la Sarre ont été bien éprouvés. Quant à la Rose régularisée, il est à remarquer qu’en amont du passage de la partie régularisée à la partie non régularisée s’était formé un grand lac entre Wibersviller et Altviller à cause de l’étroitesse de cette dernière partie. On m’annonce la crue du ruisseau du Ellerbach, qui a causé des inondations nuisibles à Schalbach. Dans le bassin de la Seille la crue était extraordinairement forte, ce qui a été causé en partie des décombres des installations militaires, surtout (?) des ponts détruits restés dans le lit du ruisseau. Parmi les ouvrages de protection, (...) antérieurement et encore à exécuter, je cite deux (...) concernent l’annexe de Salzbronn, dont le territoire situé sur des gisements de sel, s’enfonce à cause de l’exploitation de ces gisements par les salins (...) l’achèvement de la régularisation de la Rose ent(...) Altviller et l’embouchure dans l’Albe et la régularisation de l’Ellerbach à Schalbach. La nécessité du curage de la Grande Se(...) dans le district dévasté a été démontré pendant (...) crue des eaux : momentanement je ne connais pas d’autres mesures de protection dont la nécessité (...) été demandée dernièrement. Quoique des lieux habités et des villa(...) ont été inondés par l’eau débordée, des dommages plus importants n’ont pas été annoncés. »
Source 10:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 16.
 Lettre de l’Ingénieur des Améliorations au Préfet du Haut-Rhin, 9 janvier 1920, Colmar : « Comme suite à mon rapport du 6 crt.N°52 A, dernier alinéa, j’ai l’honneur de vous signaler que je pourrais aussi employer des ouvriers chômeurs sur la Fecht entre le pont d’Ingersheim et la ligne Colmar-Schlestadt pour construire un chenal d’appel dans l’atterrissement du lit du fleuve qui est complètement comblé à quelques places. De cette façon l’eau n’inonderait plus les chams avoisinants qui ont beaucoup souffert lors des grandes crues dernières. Il est à craindre qu’à la prochaine crue cet état ne reprenne. De même quelques brêches de la digue protectrice sur la rive droite de la Fecht sont à réparer. Comme j’ai rapporté ailleurs le pont en béton armé sur le chemin de la gare de Bennwihr à Sigolsheim s’est écroulé. Pour éviter des dégâts plus considérables il faut absolument enlever les débris du fleuve. (...) ».
Source 11:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 529 D 16.
 Lettre de l’Ingénieur en chef du Génie rural au Directeur du Consortium des Canaux d’Alsace et Lorraine à Paris, 29 septembre 1922 : « Renseignements concernant les crues de l’Ill. La comparaison des crues de l’Ill et de ses affluents d’Illfurth à Strasbourg survenues depuis l’achèvement du canal de décharge d’Erstein en 1891 a fait ressortir que lors des crues du mois de décembre 1919 les hauteurs d’eau observées jusqu’à présent aux échelles sises en aval de Colmar ont été dépassées, tandis qu’en amont les niveaux des crues de 1910 n’ont pas été atteints. S’ils avaient été, la situation en aval d’Illhäusern aurait sans doute été plus critique encore. En ce cas, une partie assez considérable, environ 100 m.cb., des eaux de crue arrivant près d’Erstein aurait dû être dirigée vers la partie inférieure de l’Ill, c’est-à-dire vers Strasbourg ; le canal de décharge ayant atteint le 26 décembre en aval de Krafft la limite de sa capacité. Le canal évacuait ce jour 530 à 550 m.cb/s. Les eaux fournies à l’Ill près du « Steinaudich » comportaient environ 35 m.cb/s, le total des eaux de crue de l’Ill au-dessus d’Erstein était de 570 à 580 m.cb/s. A cette occasion, on a constaté l’effet avantageux des travaux d’améliorations exécutés à la suite des constatations faites lors des crues en 1910. Notamment le déversoir au barrage de Plobsheim a, le 26 décembre, évacué environ 130 m.cb./s. de ce fait, un abaissement notable du niveau d’eau dans le bassin d’inondation en amont du dit barrage a été atteinte et a été perceptible jusqu’à Krafft. La crue des 13 et 14 janvier 1920 a atteint en aval de Colmar presque les mêmes niveaux qu’en 1910, tandis que l’afflux en amont d’Illhäusern a été moindre et correspondait à peu près à celui du mois de décembre dernier. En ce qui concerne la Bruche, la hauteur d’eau 3,28 m constatée le 24 décembre 1919 à l’échelle principale à Wolxheim n’avait pas encore été atteinte. Le débit correspondant y compris l’appoint de l’Ehn et de l’Andlau peut être évalué à 210 mètres cubes par seconde. La quantité des eaux qui a traversé Strasbourg le 24 et 25 décembre 1919 peut être estimée à 250 m.cb/s dont 40 mc provenait de l’Ill et du Rhin tortu. Avant la construction du canal de décharge de l’Ill, on pouvait diriger par la Krafft vers le Rhin 90 m.cb./s du total des eaux de crue de l’Ill arrivant près d’Erstein, tandis que le reste s’écoulait dans le bassin de l’Ill vers Strasbourg. En ce cas, les eaux de crue de l’Ill et de la Bruche en décembre dernier auraient comporté au total à Strasbourg 250 + (540-90) = 700 m.cb. par seconde »

0