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DETAIL DE L'ARTICLE

8 février 1958

Tableau 1

Crues Neige Total
I – Cours d’eau navigables et flottables (navigation)
Ill, Buche, Zorn, Marne au Rhin 1.700.000
Canal des Houillères de la Sarre 4.000.000 5.700.000
Rhin (lignes téléphoniques) 3.500.000 3.500.000
II – Cours d’eau non navigable ni flottables (Génie Rural) 58.000.000 58.000.000
III – Cours d’eau domaniaux (p.m.) 12.400.000 12.400.000
IV – Voirie (M. Cachera)
Routes nationales (principalement dans la vallée de l’Eichel) 6.500.000
Chemins départementaux 15.000.000
Ponts provisoires 4.000.000 25.500.000
V – Voirie agricole (Génie Rural) 38.070.000 38.07.000
VI – Particuliers
a)       Dégâts aux habitations 2.377.000 Dégâts peu importants 2.377.000
b)      Dégâts industriels :
1° dégâts aux installations 15.107.000 idem
2° perte de production 7.125.000 22.232.000
VIII – Services publics
P.T.T. 80.000.000

30 à 40.000.000 (perte de recettes)

120.000.000
Electricité de Strasbourg 20 à 30.000.000 30.000.000
Electricité de Sélestat 15 à 20.000.000 20.000.000
S.N.C.F. 5.100.000 24.500.000 29.600.000
169.379.000 198.000.000 367.379.000

Tableau 2

Comparaison des précipitations ayant provoqué les crues de 1947, 1955 et 1958
déc-47
Station 28 au 29 26 au 30
Strasbourg 22,6 43,6
Rothau 90 188
Donon 93,8 158,2
Mittersheim 70,1 130,5
Diemeringen 75,5 126,7
janv-55
Station 15 au 16 12 au 16
Strasbourg 27,9 71,7
Rothau 58,2 162,5
Donon 58,3 146,8
Gondrexange 40,7 84,2
Mittersheim 468 81,5
Diemeringen 55,6 92,3
févr-58
Station 6 au 7 5 au 8 5 au 9
Strasbourg 42,4 81,1 83,9
Donon 55,4 132,6 143,9
Gondrexange 42,6 89 93,3
Mittersheim 34,6 86,3 90,9
Diemeringen 28 71,7 79,4
Cours d'eau:Bruche, Giessen, Ill, Moder, Non classé, Rhin, Sarre, Zinsel, Zorn
Date:Le 8 / 2 / 1958
Localités touchées:Dettwiller, Hattmatt, Saverne, Monswiller, Steinbourg, Wilwisheim, Schwindratzheim, Froeningue, Illfurth, Mulhouse, Waltenheim-sur-Zorn, Pfaffenhoffen, Kogenheim, Wisches, Weyersheim, Herrlisheim, Dalhunden, Sélestat, Erstein, Stattmatten, Gambsheim, Heiligenberg, Russ, Wolfskirchen, Haegen, Geudertheim, Obermodern-Zutzendorf, Sarrewerden, Herbitzheim
Causes:Fonte des neiges / redoux - Fortes précipitations - Saturation des sols -
Conséquences:Dommages environnementaux - Dommages fonctionnels - Dommages matériels -
Source 1:DDT 67, "Rapport du subdivisionnaire du génie rural, Crues de février 1958", 1958.
 Les 6 et 7 février 1958, des chutes de neiges d'une rare abondance tombent sur toute la région et forment une couche de neige de 40 à 60 cm. Le 8 février, un réchauffement provoque un dégel rapide. La cote d'alerte des crues de l'échelle de Saverne (pont rue de la gare) de 0.90 m est atteinte le 8 à 16h30. La RN Saverne-Brumath est submergée à Dettwiller ainsi que pratiquement toutes les routes traversant la vallée de la Zorn. De même la route Saverne-Bouxwiller est submergée à Hattmatt par les eaux de la Zinsel, ainsi que la route Steinbourg-Dettwiller. Divers immeubles et principalement les caves des quartiers bas des localités riveraines : Saverne, Monswillier, Steinbourg, Dettwiller, Wilwisheim, Schwindratzheim doivent être évacués. Les crues de la Zinsel et de la Mossel sont de la même importance que celle de janvier 1955. Par contre pour la Zorn, elles étaient légérement supérieures.
Source 2:Presse, "L'Alsace", 07 et 09 février1958.
 Le canal de décharge est à un niveau très élevé au pont Nessel et de la SACM. Les prés sont inondés à Froeningen. Le chemin Heidwiller est coupé à la hauteur de scierie à Illfurth.
Source 3:Sapeurs-pompiers de Mulhouse, "Rapport d'intervention des sapeurs-pompiers de Mulhouse", 31 décembre 2001, cité dans ANSEL Romain, "Le risque d’inondation à Mulhouse aux XIXe siècle et XXe siècle", Mémoire de Master (Histoire), Université de Haute-Alsace, Mulhouse, 2008.
 Rues touchées par les inondations du 8 février : rue de la Mertzau, rue des Sapeurs pompiers, rue Robert Meyer, rue des Chèvres. Cause : Fonte de neige/Gel.
Source 4:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Lettre du Ministre de l’Intérieur à au Préfet du Bas-Rhin, 29 avril 1958, Paris : « Par rapport cité en référence, vous m’avez transmis un bilan estimatif des dégâts occasionnés dans votre département par les inondations qui ont succédé aux fortes chutes de neige des 7 et 8 février 1958. ».
Source 5:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Lettre du Préfet du Bas-Rhin au cabinet du Ministre de l’Intérieur et à la Direction de l’Administration Départementale et Communale, mars 1958 : « Les fortes chutes de neige des 7 et 8 février dernier aussitôt suivies par un dégel accéléré (voir en annexe le relevé fourni par l’Institut de Physique du Globe) ont provoqué en plusieurs points du département des inondations qui si elles ne présentent pas le même caractère de gravité que celles de 1955 ont néanmoins causé des dégâts matériels sensibles tant au domaine public qu’aux patrimoines privés. ». Annexe A : Bilan estimatif des dégâts dans le Bas-Rhin liés aux crues : 1.700.000 en raison des crues sur l’Ill, la Bruche, la Zorn et le canal de la Marne au Rhin ; 4.000.000 pour le canal des Houillères de la Sarre ; 12.400.000 pour les cours d’eau domaniaux : 25.500.000 pour la voirie ; 38.070.000 pour la voirie agricole ; 2.377.000 de dommages aux habitations et 22.232.000 de dégâts industriels (dégâts aux installations et perte de production). »
Source 6:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Rapport du Préfet du Bas-Rhin relatif aux inondations de février 1958, 1ère session ordinaire de mai 1958 : « Les fortes chutes de neige des 7 et 8 février 1958, aussitôt suivies par un dégel accéléré, ont provoqué en plusieurs points du département des inondations qui, si elles ne présentent pas le même caractère de gravité que celles de 1955, ont néanmoins causé des dégâts matériels sensibles tant au domaine publique qu’aux patrimoines privés. Vous trouverez ci-joint (coir Annexe A) une évaluation sommaire des dommages subis par les collectivités publiques ainsi que par les industriels et les particuliers. Aux dégâts d’inondation ont été ajoutés ceux dus à la neige elle-même qui, par son abondance inaccoutumée, a occasionné avant la fonte des dégâts étendus mais dont l’évaluation n’est pas encore terminée : - de nombreuses coupures de lignes aériennes électriques et téléphoniques, - bris de branches et arbres, - effondrement de toitures. En outre, bon nombre d’entreprises industrielles ont dû interrompre momentanément leur activité du fait que les membres du personnel n’ont pas pu durant deux ou trois jours rejoindre leur lieu de travail. (...) Je me propose, par le présent rapport, de mettre à la disposition des membres de l’Assemblée Départementale, une documentation aussi complète que possible sur : - l’origine des crues - les mesures prises - les dégâts enregistrés - les mesures à envisager pour l’avenir - l’évaluation des dégâts et leur réparation I. Description des crues (7 au 25 février 1958). Origine : L’ensemble du phénomène comprend ceux perturbations météorologiques importantes entraînant chacune une onde de crue et séparées par une période intermédiaire de pluviosité relativement réduite avec décrue lente. 1°) Des chutes de neige exceptionnelles tant sur les Vosges que sur la Plaine d’Alsace furent enregistrées du 6 au 8 février, correspondant à des précipitations comparables et mêmes supérieures en certaines régions (en plaine surtout : 42 cm de neige à Strasbourg) à celles qui causèrent la crue de 1955 – Un réchauffement brusque d’une dizaine de degrés leur succéda le 8, augmentant encore les 9 et 10, provoquant une fonte extrêmement rapide de la neige sur tout le pays. Une note annexe émanant de l’Institut de Physique du Globe donne des indications précises sur ces phénomènes. (Annexe B). 2°) Une période encore pluvieuse suivit pendant laquelle la décrue fut de caractère exceptionnel très lente, le sol restant toujours gorgé d’eau. 3°) La second perturbation du 22 au 25 février fut de même causée par de nouvelles chutes de neige, suivies d’un réchauffement accéléré accompagné de pluies. Caractère des crues. 1°) Première onde (7 au 10 février). a) En général les cotes relayées sur les rivières sont relativement plus fortes à l’aval qu’à l’amont par suite d’un apport massif de la plaine en plus de l’apport d’eau habituel de la montagne. b) Les crues sont plus importantes pour les rivières du Nord (Zorn et Moder en particulier) que pour les rivières du Sud (Bruche, Giessen, Liepvrette) car l’enneigement fut plus fort dans la partie Nord du Département. Pour la Zorn la crue a présenté un caractère tout à fait exceptionnel ; cette rivière a atteint en effet la cote de 3,35 m. à Waltenheim, dépassant la plus haute cote connue jusque là (3,30 en 1955) depuis l’origine des lectures d’échelles c’est-à-dire depuis plus de 55 ans. De même la haute Moder a atteint 2,20 à Pfaffenhoffen comme en 1955, c’est-à-dire la plus haute cote enregistrée. L’Ill en raison des précipitations moins exceptionnelles dans son cours supérieur et celui de ses affluents des Hautes Vosges a présenté une crue importante mais cependant inférieure à celle de 1955 (2,56 à Kogenheim au lieu de 2,67 en 1955). 2°) Période intermédiaire (du 11 au 21 février). Descente très lente des rivières affluents de l’Ill. L’Ill est restée en crue (cote minimum 1,94 à Kogenheim le 21 février). 3°) Deuxième onde (du 22 au 25 février). Elle a présenté les caractéristiques suivantes : a) Montée rapide des cours d’eau de montagne, plus forte que la première onde (Giessen, Liepvrette, Bruche). b) Crue moins importante pour les petits cours d’eau. c) Crue sensiblement égale à la première onde pour l’Ill qui était restée en crue (maximum de 2,44 à Kogenheim). En résumé, les crues les plus importantes furent constatées sur les cours de la Zorn et de la Haute-Moder où elles eurent un caractère tout à fait exceptionnel, donnant lieu à des inondations plus graves et plus étendues qu’en 1955, alors que pour l’Ill et ses autres affluents les crues furent importantes mais cependant moins graves. (...) 2) Dégâts. Les dégâts les plus importants se situent sur la Sarre Canalisée où, par suite de leur immersion, les ouvrages, chemins de halage, maisons de service ont particulièrement, souffert. Il sera nécessaire de procéder à des dragages et à l’enlèvement des dépôts d’alluvions sur les chemins de halage. Sur le canal des Houillères de la Sarre, les réparations consisteront essentiellement en des travaux de curage des aqueducs et de consolidation de certaines berges fortement dégradées. Sur le canal de la Marne au Rhin, les dégâts sont moins importants et entraineront principalement l’enlèvement d’alluvions, le dégagement d’aqueducs et la consolidation d’un important glissement de terrain au Col des Français. C) Rhin. 1) Mesures prises. La crue du Rhin n’a pas eu une grande amplitude et n’a présenté aucun danger en raison du fait que le niveau du Rhin et celui de la nappe phréatique étaient relativement bas au moment où les apports d’eau se sont produits. Le Service de défense des digues contre les crues n’a pas eu à être mis en place et aucun fait n’est à signaler en ce qui concerne cette question. 2) Dégâts. La majeure partie des dégâts occasionnés, provient non pas des crues mais des importantes chutes de neige, qui ont provoqué de nombreuses ruptures des lignes sur le réseau téléphonique situé le long des digues du Rhin. 3) Conclusions En ce qui concerne le Rhin le problème de défense contre les crues est règlé dans le détail par une organisation complète qui a été refondue entièrement il y a un an et il n’y a aucune mesure nouvelle à envisager. Estimation des dégâts et réparations : L’ensemble des dégâts intéressant le département du Bas-Rhin est évalué à 9.200.000 Fr soit pour l’Ill, la Bruche, la Zorn et le canal de la Marne au Rhin 1.700.000 Fr, pour le canal des Houillères de la Sarre 4.000.000 Fr, pour le Rhin (ligne téléphonique) 3.500.000 Fr. Dès à présent M. l’Ingénieur en Chef de la Navigation a obtenu des services ministériels l’assurance qu’un crédit spécial de 9.000.000 Fr serait mis à sa disposition. III. Cours d’eau non navigables. Evaluation des dégâts et réparations. Les dégâts furent assez sérieux, surtout dans les zones où des travaux d’amélioration de l’écoulement des cours d’eau et de protection de leurs rives n’avaient pu être entrepris. Ces dégâts doivent être réparés rapidement pour éviter une aggravation des dommages actuels à l’occasion des premières crues à venir. L’évaluation des travaux de réparation de ces dégâts a été faite dans deux tableaux, joints au présent rapport. Tableau I : Réparation des dégâts de crues. Ce tableau comprend la liste de travaux d’hydraulique agricole nécessaires pour réparer les dégâts causés sur les cours d’eau non navigables ni flottables. Leur montant s’élève à 57.940.000.- arrondi 58.000.000.- Un tableau I bis est annexé, pour mémoire, en ce qu’il concerne les cours d’eau domaniaux (Ill navigable et ses dépendances) dont le montant s’élève à 12.400.000.- Tableau II : Réparation à la voirie rurale. De nombreux chemins ruraux ont été dégradés, ravinés et même parfois emportés par les eaux. Leur remise en état exige des travaux importants de réfection. Le montant des travaux à réaliser s’élève à 38.070.000 Fr. Améliorations : un troisième tableau rassemble les travaux d’hydraulique agricole dont la réalisation serait urgente pour améliorer l’écoulement des cours d’eau et éviter le retour des dévastations subies par les biens et les populations. Le montant de ces travaux est estimé à 421.700.000 Fr. Il a été dressé d’après les enseignements tirés des crues récentes. On a pu constater l’efficacité des quelques travaux d’améliorations qui avaient û être réalisés depuis la crue e 1955 malgré le montant limité des crédits disponibles. Ainsi la crue très sérieuse de l’Eichel a été considérablement écrêtée à Diemeringen où les travaux de régularisation bien qu’exécutés à 25% seulement, ont préservé de l’inondation le rez-de-chaussée d’une cinquantaine d’immeubles. Par contre, le Zornried où aucun travail important n’avait pu être achevé a souffert de la crue dans des proportions très importantes. C’est pourquoi en plus des projets nouveaux qui sont apparus nécessaires après cette dernière crue, figurent dans le tableau III des propositions d’améliorations déjà présentées après les crues précédentes. L’utilité de ces travaux n’est plus à démontrer et l’effort financier qu’ils exigent peut être mis en balance avec l’accumulation des crédits de réparation considérables qui sont nécessaires après chaque nouvelle crue. Parmi les projets, l’aménagement du Canal des Remparts à Strasbourg doit être à nouveau mentionné (...) Conclusions : Les tableaux joints au présent rapport révèlent les dégâts considérables qu’ont causé dans le département du Bas-Rhin les inondations de février 1858. Ces états font ressortir également l’ampleur des travaux à entreprendre sur les cours d’eau non navigables si l’on veut non seulement réparer les dégâts, mais surtout éviter le retour des inondations. C’est pourquoi, en se référant aux dispositions prises après les inondations analogues de 1955 et la circulaire du 16 mars 1956 les mesures financières suivantes ont-elles été proposées à M. le Ministre de l’Agriculture (...) IV – Voirie nationale et départementale. 1) Mesures prises. a) Mesures d’information publique. Celles-ci ont consisté dans la pose de la signalisation réglementaire sur les routes coupées ou submergées par les inondations. En outre, la Presse et la Radio ont été informées dans le plus bref délai. Malgré les nombreuses coupures de lignes téléphoniques les informations concernant les coupures des routes ont pu être assurées de façon satisfaisante. (...) 2) Dégâts. Des dégâts matériels ont été constatés sur des tapis en matériaux enrobés récemment posés, qui ont été soulevés ou arrachés par grandes plaques par les eaux venant du sous-sol ou deversant par-dessus la route. Des érosions importantes ont été constatées du côté aval des routes fonctionnent en deversoir ; des accotements ont été ravinés et des plantations détériorées. En ce qui concerne les ponts provisoires, les dommages ont été réduits, même sur des ouvrages complètement submergés, comme les ponts de HERBITZHEIM sur l’Eichel, HERBITZHEIM sur la Sarre, SARREWERDEN sur la Sarre, etc... Toutefois, le pont de Wisches sur la Bruche a reçu le choc d’un sapin entraîné avec sa souche par la rivière. La pile a été gravement ébranlée et l’ouvrage a dû être interdit à la circulation des véhicules à 4 roues. Finalement la seconde crue de la Bruche suivant presque immédiatement la première, a complètement emporté le tablier de cet ouvrage. Il convient de noter à ce propos que M. l’Ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées ne dispose d’aucun crédit pour entretenir les ponts provisoires et qu’il ne peut en espérer que d’insignifiants, étant donné que le crédit qui, à l’échelle nationale, était en 1957 de l’ordre du milliard ½, n’est plus que de 145 millions dans la loi de finances actuelle. Or, en 1957, le seul département du Bas-Rhin avait absorbé 130 millions à ce titre. (…) Le premier chantier entrepris sur le CD 209 entre Baldenheim et Rathsamhausen a coûté 23.5 M. Étant donné que le 9 février 1958 il y avait encore 16 cm. D’eau sur une petite section de chemin il est proposé (par rapport spécial) au Conseil Général d’inscrire à la D.M.1 un crédit de 7.000.000 Fr pour le CD N°209. Au programme de 1958 figure la mise hors d’eau de la route de Dalhunden à Sessenheim. D’autres seront entreprises au fur et à mesure des possibilités. b) Atténuation des obstacles mis à l’écoulement des crues. Cas particuliers signalés. • (…) Route de Schwindratzheim à Waltenheim S/Zorn. La nuisance du remblai par lequel le CD 32 traverse la vallée de la Zorn a été signalée cette année pour la première fois. Ceci semble imputable au fait signalé par M. l’Ingénieur en Chef du Génie Rural, que la crue de la Zorn a été d’une durée exceptionnellement longue ; ce qui fait que, selon le mécanisme exposé plus haut, le réservoir ainsi crée a eu le temps de se remplir et même de déborder, ce qui a causé des dommages imports. La question de l’augmentation du débouché va être mise à l’étude en liaison avec le Service Hydraulique et la Commission des Routes. • R.N. 68 à Gambsheim. Il a été signalé sur la route a empêché l’écoulement des eaux situées à l’ouest. La question va être mise à l’étude et si les crédits le permettent, une ou deux courtes buses seront placées au point le plus bas. 4) Evaluation des dégâts. Les dégâts aux routes nationales, principalement dans la Vallée de l’Eichel, sont évalués à 6.5 millions. Ceux concernant les ponts provisoires à 4 millions. Une demande de crédit a été adressée à M. lez Ministre des Travaux Publics et des Transports et une nouvelle intervention sera effectuée en vue d’accélérer l’exécution du programme de reconstruction des ponts. En ce qui concerne la voierie départementale les dégâts aux routes et aux plantations entrainent des réparations qui, réduites au strict nécessaires, sont évaluées à 15.000.000 Fr. Le Conseil Général est saisi d’une demande de crédit de 10.000.000 Fr à inscrire à la D.M. N° 1 de 1958, les 5.000.000 restant imputés sur le crédit d’entretien normal des chemins départementaux. (…) VI) – Dommages subis par les collectivités (Vacations de sapeurs-pompiers, dommages aux bâtiments publics et voierie communale). Ils paraissent peu importants (...). VII) – Dommages subis par les patrimoines privés. Les premières estimations de dégâts de crues aux habitations indiquent un montant de 2.377.000 Fr environ. Compte tenu des lacunes qui peuvent exister dans un recensement de ce genre, il ne semble pas qu’ils dépassent 4 millions, ce qui est relativement peu important. Les dégâts subis par les installations industrielles sont plus sensibles : 15.107.000 Fr environ auxquels s’ajoutent 7.125.000 Fr environ de perte de production. Aucun fonds n’existe pour le moment en vue de la réparation des dommages subis par les particuliers. Les services du Ministère de l’Intérieur, saisis de la question, ont fait savoir qu’une loi serait nécessaire et que ce problème est actuellement à l’étude. VII) – Dommages subis par les patrimoines privés. Les premières estimations de dégâts de crues aux habitations indiquent un montant de 2.377.000 Fr environ. Compte tenu des lacunes qui peuvent exister dans un recensement de ce genre, il ne semble pas qu’ils dépassent 4 millions, ce qui est relativement peu important. Les dégâts subis par les installations industrielles sont plus sensibles : 15.107.000 Fr environ auxquels s’ajoutent 7.125.000 Fr environ de perte de production. Aucun fonds n’existe pour le moment en vue de la réparation des dommages subis par les particuliers. Les services du Ministère de l’Intérieur, saisis de la question, ont fait savoir qu’une loi serait nécessaire et que ce problème est actuellement à l’étude. (…)
Source 7:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Rapport du Préfet du Bas-Rhin relatif aux inondations de février 1958, 1ère session ordinaire de mai 1958 – Annexe A : Calamités atmosphériques – Février 1958 – Bilan estimatif des dégâts dans le Bas-Rhin. Cf. Tableau 1 ci-dessus.
Source 8:Presse, "Dernières Nouvelles d'Alsace", 11 février 1958.
 La Sarre, la Zorn et la Moder sont les trois rivières dont la cote maximum a dépassé celle enregistrée en 1955. Pour tous les autres cours d'eau d'Alsace, les crues n'ont pas atteint en ampleur celle de 1955. Partout sur les rives de la Sarre, on observe des routes inondées, des caves et des étables envahies par les eaux. Sur toute la longueur de la vallée de la Sarre, le trafic est paralysé. La Zorn et la Moder ont causé d'importants dégâts en Alsace. Dans l'arrondissement de Haguenau et de Saverne, plusieurs maisons ont dû être évacuées, l'eau pénétrant même dans les rez-de-chaussée. Les eaux de la Zorn et de ses nombreux affluents ont pénétré dans les caves et les rez-de-chaussée des localités de l'arrondissement de Strasbourg-Campagne, notamment à Weyersheim et à Herrlisheim. Plusieurs maisons ont du être évacuées et le bétail également. Dans le secteur d'Haguenau, le village de Dalhunden, à proximité du confluent de la Moder et du Rhin est isolé.
Source 9:DDT 67, Fluvial.IS, "Cartographie des zones inondables du Giessen et de la Lièpvrette selon l’approche hydromorphologique", Strasbourg, 3 mars 2011.
 Inondation de la Zorn, de la Moder et du Giessen. A Selestat, les routes Ehrwilhr-Ebersheim et Ebersmunster-Hilsenheim ainsi que Rathsamhausen-Baldensheim sont coupées.
Source 10:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Rapport du Préfet du Bas-Rhin relatif aux inondations de février 1958, 1ère session ordinaire de mai 1958. Comparaison des précipitations ayant provoqué les crues de 1947, 1955 et 1958. Cf. Tableau 2 ci-dessus.
Source 11:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Tableau des dommages par arrondissement des inondations des 9 et 10 février 1958. Cf. Tableau 3 ci-dessus.
Source 12:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 18.
 Lettre d'un habitant d'Obermodern à la préfecture du Bas-Rhin, 27 février 1958, Obermodern : « An die Prefektur in Strasbourg erlernte ich mir selbst ein gar Worte zu schreiben. Es handelt sich wegen bestandigem Hochwasser. Ich wohne direkt an der Moder und bekomme blos allein im Dorf Hochwasser. Am 9.2.58 stand das Wasser in der Wohnüng 55 cm hoch Keller und Werkstadt ebenvals. In den letzten Tagen ist sie 2 mal übergelaufen und jedesmal hab ich ernent Schaden. Im Jahre 1955 den 17.1 stand das Wasser in der Wohnüng 65 cm hoch 24 Stunden lang. Ich hab dermals fürchbar Schaden gehabt. Man hat mir versprochen mich zu Unterstügen. Ich weis nicht wo sich mich him soll wenden (…) ».
Source 13:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 18.
 Lettre du Sous-préfet de Saverne au Préfet du Bas-Rhin, 3 mars 1958, Saverne : « (...) Par ailleurs, l’ampleur des inondations causées par la Sarre, les 8 et 9 février, à Sarrewerden et à Herbitzheim, a rendu évident l’intérêt qu’il y aurait à faire acheminer une barque, au moins par le centre de secours de Sarre-Union (…) ».
Source 14:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 18.
 Lettre de la société de draguage Wilhelm & Maurer de Wolskirchen au Sous-préfet de Saverne, 26 février 1958, Wolfskirchen : « (…) Nous avons l’honneur de vous faire savoir que lors des inondations de la « Sarre » les 8 et 9 février 1958 nous avons eu les dégâts suivants (…) ».
Source 15:Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR), 456 D 38.
 Lettre d'un propriétaire d'un pré à Eschbourg au Sous-préfet de Saverne, s/c du Maire d’Eschbourg, 18 avril 1958, Eschbourg : « Lors des intempéries des 8 et 9 février dernier j’ai subi des dommages importants dans un pré du fait d’un glissement de terrain d’environ 450 m3. Par la présente je me permets de solliciter une indemnisation des dégâts au cas ou des dispositions interviendraient à ce sujet. En 1948 un certain nombre de propriétaires de la commune avaient été largement indemnisés pour des dégâts semblables (…) ».

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